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par Arthus » 27 oct. 2011, 11:42
Croyances locales et savoir Filidh
Cette section est dédiée aux croyances et coutumes traditionnelles partagées par la majorité des habitants d'Armuir. Ces traditions sont véhiculées et entretenues par les Filidh, qui constituent la classe sacerdotale majoritaire de l'île.
Le Midh et le Sidh : conception du monde
Selon les croyances traditionnelles, le monde est constitué de deux parts indissociables : l'une est matérielle (Midh), l'autre spirituelle (Sidh).
Le Midh
Le Midh, dont la traduction littérale en langue sacrée signifie "monde", englobe l'aspect matériel de l'existence. Forêts, mers, montagnes, tout ce qui peut être physiquement appréhendé avec les cinq sens constitue le Midh.
Le Sidh
Le Sidh (litt. "Paix") représente l'aspect spirituel et immatériel de l'existence. Pour les gens du commun, c'est le monde des esprits et du sacré. C'est également le royaume des morts, l'endroit où se rend l'Anam (litt. âme, esprit, vitalité, essence) d'un individu à son trépas.
Enfin, le Sidh est aussi la demeure des dieux et des ancêtres, qui peuvent avoir diverses influences sur la vie quotidienne. Ces dieux, qui prennent généralement la forme d'animeaux ou d'arbres, sont l'incarnation des concepts abstraits régissant le monde (la justice, le courage, la fertilité, etc).
Pour les plus sages des Filidh, la nature du Sidh recouvre une réalité bien plus profonde. Ils savent que le Sidh est le reflet spirituel du Midh, et que les "esprits" et les "Dieux" sont en réalité l'incarnation de concepts abstraits, à la nature si pofonde, si essentielle que seul un Ollamh ayant atteint le stade mythique d'Eagna peut l'appréhender.
Le cycle naturel
Selon les croyances traditionnelles, le cycle naturel de l'existence est lié à la relation fondamentale qui unit le Sidh au Midh. Ainsi, toute chose appartenant au Midh passe au Sidh, et inversément.
Par exemple, l'anam (essence) d'un défunt passera dans le Sidh à son décès, et se nourrira des souvenirs que les vivants ont de son existence. Cette croyance explique l'importance du culte des encêtres dans la plupart des communautés.
Elle est également à l'origine de la coutume selon laquelle un arbre doit être planté sur la tombe du défunt : cet arbre est un symbole qui rappelle sa vie et sa personnalité bien après que ceux qui l'ont connu ne soient décédés à leur tour.
De façon plus abstraite, cet arbre est un élément du Midh qui renforcera l'existence de l'anam dans le Sidh.
Le même raisonnement s'applique aux naissances : un concept abstrait, issu du Sidh (l'être en devenir) passe dans le monde du Midh en s'incarnant sous une forme physique (le nouveau-né). La cérémonie d'octroi d'un nom au nouveau-né est un moment particulièrement sacré, car ce nom est réputé avoir une influence sur le dévloppement futur de l'enfant. Ce rituel, effectué par un Filidh devant l'ensemble de la communauté, est en réalité un autre exemple d'interaction entre le Sidh et le Midh : le nom, concept abstrait et donc issu du Sidh, viendra renforcer l'existence et les caractéristiques concrètes d'un indvidu appartenant au Midh.
Il est donc très important de préserver l'équilibre qui existe entre ces deux aspects de l'existence, afin que le cycle naturel puisse se poursuivre.
Enfin, il est important de noter que seuls les Filidh et certains érudits ont conscience de cette corrélation etre l'abstrait et le concret, et donc de la portée véritable des rituels qui sont accomplis quoidiennement. Les gens du commun comprennent les choses en des termes plus simples : culte des ancêtres, anam du défunt qui "habite" l'arbre planté sur sa tombe, nom qui donne force et intelligence, etc.
Symbolisme
Ce cycle naturel de passages entre le Sidh et le Midh et inversément est symbolisé par un Triskèle. Cette figure sacrée représente en effet les trois "étapes" successives de l'existence : le Sidh, le Midh et le passage entre les deux.
Ce trait d'union est par ailleurs symbolisé par un chêne, dont la cîme fragile touche le ciel (l'abstrait du Sidh), et dont les racines puissantes s'enfoncent profondément dans la terre (le concret du Midh)
L'Argasereth
Troubler l'équilibre entre le Sidh et le Midh provoquera souvent des conséquences néfastes à l'endoit où le fait s'est produit : la nature sera corrompue, les animaux seront horriblement altérés et des communautés humaines entières pourront souffrir d'étranges malédictions.
Tous ces phénomènes portent le nom d'Argasereth, un nom qui signifie littéralement "exclusion" en langue sacrée Filidh : il s'agit de l'exclusion de l'être ou du lieu concerné du cycle naturel.
L'Argasereth peut avoir deux aspects :
- Midh Argasereth (lit. "exclusion du monde") : il s'agit des conséquences physiques de la rupture du cycle naturel, résultant d'une exclusion du Midh. Les formes les plus courantes de Midh Argasereth sont la stérilité, la malforation, la maladie et la mort.
- Sidh Argasereth (lit. "exclusion de la paix") : il s'agit des conséquences spirituelles de la rupture du cycle naturel, résultant d'une exclusion du Sidh. Le Sidh Argasereth peut prendre des formes variées, généralement plus subtiles que celles du Midh Argasereth. L'exemple le plus connu de Sidh Argasereth est l'impossibilité pour l'Anam de l'exclu de rejoindre le Sidh. Cet Anam est dès lors condamné à errer éternellement à la frontière entre le Sidh et le Midh...
L’Argasereth comporte presque toujours ces deux aspects, mais il peut arriver en de rares occasions qu’elle ne se manifeste que sous la forme d’une Sidh Argasereth. Il n’existe aucun cas connu d’Argasereth se limitant à son aspect Midh.
L'Argasereth est probablement le destin le plus craint des habitants de l'île, car il est synonyme de corruption irrémédiable et de damnation éternelle.
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Arthus le 01 nov. 2011, 14:32, modifié 11 fois.
La sagesse est un chemin ténu et difficile mon fils, et surtout il est sans fin. Il est naturel et salutaire que l'humilité te le rappelle de temps en temps... Mais n'oublie pas que l'humilité est un guide, non un fardeau...