Petit rappel: Les Focus sont ici exprimées comme prévu de prime abord dans Déarg, sous forme de scènes jouées dans le passé des personnages. Nous le jouons de le même manière que c'est décrit, avec personnage principal (celui de l'arc narratif), 2nd rôles et figurants. Cela prend du coup une certaine forme de théâtre. J'ai clairement expliqué à tout le monde ce qu'il en était et découlait pour qu'il n'y ait pas de mauvaise surprise, d'autant que dans pas mal de scènes, de la table seul le personnage principal est présent. J'ai aussi clairement précisé que c'était bien leur passé que nosu remettions en lumière.
Pour rappel ceci dit: tous les joueurs ont eu une petit descriptif succint (en apparté) de leur arc narratif qui de toute façon est explicite sur la problématique envisagée.
Alors premier Focus joué : Arc de l'amour, premières scènes.
Tout premier écueil, et là j'y suis en plein dedans, un bon conseil aux autres meneurs : NE COMMENCEZ PAS PAR CELUI-CI. EN effet, la mise en place de focus, scènes de souvenirs qui se sont déjà déroulées, est une manière de jouer pas vraiment familière. Et celui-ci est assez compliqué à jouer, il est préférable de commencer par un arc plus facile (par exemple l'adoption) pour se faire la main sur les mécaniques de scènes arrière et que les joueurs s'en imprègnent.
Donc l'arc narratif de l'amour, commence par quelques scènes de "joie et bonheur". Tueur d'ambiance assuré

Bon ceci dit on est là pour cela aussi.
Scène 1 : le père qui tabasse son gamin "faut qu'il s'endurcisse". 1ère difficulté pour le MJ : trouver le bon candidat pour interpréter un caractère dur ombrageux et autoritaire. Mon choix était assez restreint sur le coup. SE RAPPELER ici que les 2nd rôles vont revenir dans d'autres scènes et que c'est important que ce soit le même joueur qui reprenne (autant que possible hein) le même rôle.
Ici petite mise au point nécessaire. C'est notre premier focus, et en tant que metteur en scène indirect, je me découvre en partie : Et oui, en fait ici, VOUS n'interprêrez PAS les PnJs. Ca parait évident de premier abord mais c'est au pied du mur qu'on en prend toute la réalité en pleine face. Vous avez une idée de comment vous voudriez voir la scène. Et là, pour une fois, ce sont les autres qui jouent les figurants sur vos seuls conseils MAIS, EN LIVE. Donc comme tout metteur en scène (et là c'est assez différent de meneur de jeu), vous allez devoir briefer les rôles à jouer du mieux possible pour éviter tant que faire se peut, d'intervenir en cassant la mise en ambiance.
1ère surprise donc : c'est vraiment pas comme on se l'imagine, et il faut beaucoup de self-control pour se répêter sans cesse : Non n'intervient pas, ça aurait pu se passer comme cela, mais ça marche très bien comme le joueur l'a fait, où j'interviens parce qu'il y a ici un élément clef qui devrait rester comme cela. Ainsi, j'aurais vu le père très autoritaire, sans concessions, toujours en parlant du bien qu'il fait pour son avenir, en le martyrisant à grand coups puissants et violents. bon il s'avère que le joueur était moins incisif que cela, bien que ça ait fonctionné quand même (surtout qu'en plus les stats de combats ne laissent que peu de place à autre chose, heureusement). Je me suis contenter d'ajouter les descriptions des actions elles-mêmes (comme les coups portés, les déséquilibres, la boue, le fait de voler à plusieurs mètres lorsque la différence était importante...).
Ca c'est quand même relativement bien passé en terme de jeu, et on sentait bien le plomb sur l'ambiance (malgré quelques sourires justement quand le 1er rôle arrive par "miracle" à toucher de justesse, ou crispé lorsque la différence est forte).
Ensuite : 1ère règle que j’établis suite à cette première scène.
Avant chaque scène : je prend le 1er rôle à part pour lui expliquer (toujours sur son chemin de descente vers Déarg, en fond de toile) l'introduction à la scène. Cela servira plus tard à expliquer d'autres détails importants. Note ici que, face aux questions du 1er rôle, je ne répond que sur ce qu'il a besoin de savoir, tout refusant de répondre à tout ce qui touche aux scènes que l'on va jouer. Mais je précise bien à chaque fois que l'on verra ceci durant le jeu de scènes du Focus.
Ensuite, je laisse le 1er rôle à l'écart (ma salle de bain devient depusi quelques temps une succursale très fréquentée) et je briefe les autres rôles ensembles, en leur laissant d'abord choisir les 2nd rôles. Pusi je briefe le caractère principal de chacun des rôles, et je briefe enfin comment est censé se dérouler la scène au général (ce qui s'avèrera primordial sans certaines autres scènes qui sont presque du vaudeville...)
Scène suivante : Sur la muraille avec son copain. Le coup d'Argan qui reprend le "rôle" du père martyrisateur marche super bien, tout les joueurs ont compris le bis repetita, surtout en utilisant le même joueur que le père pour faire Argan. Par contre, la partie sur les remparts pose un problème difficile à résoudre. Le joueur du premier rôle, à la seule évocation de son ami d'une amoureuse "blonde" tilte aussitôt sur le fait que ce soit Adéliane. Et effectivement, même s'il y a pas mal d'enfants, dans leur tranche d'âge, ça fait moins de candidates. Du coup, il essaie toutes les astuces possibles pour en détourner son ami, sentant le coup venir. Et le joueur de l'ami se retrouve vite prid de court pour gérer cela. Le 1er rôle essaie de lui refourguer sa soeur, une autre fille (et oui,e n RP il brode aussi hein...). Bref sur le coup, il y a eu un sacré cafouillage et un constat important sur lequel on a fait une mise au point importante en fin de séance sur QUi sait QUOI lors de ces focus. En effet, cela se passe dans le passé, mais ce qui a mis la puce à l'oreille c'est la description de l'arc narratif lui-même et les descriptions préliminaires sur le chemin vers Deard. Sauf qu'il est assez difficile de faire comme si on ne savait pas surtout pris dans le RP de la scène.
Donc, on a refait une mise au point en précisant bien que les scènes n'étaient pas figées, d'où l'intérêt de les jouer, mais qu'in fine, le résultat est parfois troublant.
Fin de première séance. On a murît tous ensemble sur la manière d'aborder un scénarisation sous forme de scène de théâtre (ou plutôt de théâtre improvisé en fait) mais on est tombé sur des difficultés qui auraient été plus facilement abordables/surmontables sur un arc narratif plus facile au début.
Autre note avec l'expérience : 1 seule séance (3h) n'a pas suffit à aller plus loin, contrairement à d'autres arcs. Je souhaite arriver à faire jouer toutes les scènes de "1er chapitre". Certains 1er chapitre sont bien plus denses (comme celui de l'amour) que d'autres (le plus light c'est l'adoption...