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Les mangeurs de morts

Publié : 29 juil. 2014, 17:25
par Arthus
Bonjour à tous!

J'ouvre ce sujet pour développer certaines élucubrations qui m'étaient venues en participant à cette discussion :arrow: http://www.esteren.org/forum/viewtopic. ... 9&start=11

Sachant que mes idées prenaient peu à peu forme d'une part, et qu'il y avait un risque réel de dévier de la discussion initiée par Casaïr (les morts-vivants), j'ai décidé d'ouvrir un sujet à part.

Mon idée est donc la suivante : une tribu, voire carrément une "meute" de primitifs troglodytes et nécrophages, qui cohabitent avec un ou plusieurs dréin(s) ou féond(as).

Ce "peuple" serait très instinctif, rejetterait l'humanité au point de nier qu'il est lui-même constitué d'humains, et s'identifierait aux féondas et aux dréins, qui sont l'incarnation de la terreur et des super-prédateurs de l'humanité.

Ils organiseraient ainsi des raids depuis leurs grottes, grimés pour ressembler à des féondas, dans le but d'enlever des humains, qu'ils tuent à coups de dents, d'ongles ou de pierres avant de les dévorer une fois morts.

De même, ils sraient enclins à violer les sépultures pour en emporter les défunts, qu'ils dévoreraient ensuite.

Ces actes revètiraient une double signification : assurer sa subsistance (nourriture), et traque de l'humanité et de tout ce qu'elle représente (d'où le saccage de sépultures, qui réprésente la civilisation, qu'ils haîssent instinctivement).

Au niveau culturel, ce peuple aurait régressé au point d'avoir perdu le langage parlé, aucquel se serait substitué un langage instinctif complexe et inconscient basé sur le non-verbal (cris, attitudes, odeurs,...) les rapprochant d'animeaux sociables comme les loups.

Toutefois, ils auraient conservé des relents de sentiment du sacré propre à l'humanité, mais sous une forme (à nouveau) instinctive : ils confectionneraient des statues de chair avec les "meilleurs morceaux" des leurs (récupération des jambes de quelqu'un qui est rapide à la course, par exemple) lorsqu'ils viendraient à décéder, dans le but de faire "survivre" les meilleures qualités de chacun d'eux en une parodie de féond (également constitués d'un patchwork d'éléments en décomposition), qui représenterait à la fois un exemple à suivre, et une forme de survie collective par-delà la mort.

Ces "statues de chair", ainsi que les lieux dans lesquels elles se trouvent (des grottes très profondes) se seraient par ailleurs peu à peu chargées de la mémoire collective de ce peuple, au point de devenir de véritables "lieux et objets de pouvoir" au fil du temps, capables de transmettre l'histoire de ce peuple depuis sa création sous forme de sentiments et de rêves.

Enfin, il semblerait qu'une forme de "reconnaissance" mutuelle se soit développée entre les féondas/dréins et ce peuple : chaque partie aura sans doute inconsciemment reconnu en l'autre un état d'esprit proche, au point qu'un semblant de sentiment d'apparentement ait vu le jour.

Ainsi, les dréins/féondas ignorent la plupart du temps le peuple troglodyte, ne lui faisant pas le moindre mal. Le peuple troglodyte, quant à lui, se comporte un peu comme avec des parents vis-à-vis de ces entités : ils reconnaissent leur supériorité, ne les dérangent pas, voire les défendent lorsque cela s'avère nécessaire. Et dans de rares cas, il semblerait que les dréins/féondas le leur rendent en les défendant à leur tour, bien que la différence entre la protection du peuple troglodyte et le massacre d'humains ne soit pas toujours bien nette.

Pour terminer, je dirais que les thématiques que je souhaiterais développer avec ce "peuple" seraient celles du rejet, de la définition de l'humanité (qu'est-ce qui est humain, qu'est-ce qui ne l'est pas?), et le positionnement du bien et du mal vis-à-vis de cette notion d'humanité.

Re: Les mangeurs de morts

Publié : 29 juil. 2014, 17:35
par Arthus
Voilà donc l'état du chantier. Là où je me pose des questions, c'est au niveau des origines de ce peuple : pour l'instant, j'hésite entre plusieurs idées :

1) Une entreprise de minage d'osags pré-aergewin qui aurait mal tourné : les mineurs auraient creusé trop profond, réveillant une bestiole qui les aurait traqués et massacrés dans le noir (genre alien sous terre). Les survivants à moitié fous auraient été refoulés par les osags de la surface, qui auraient scellé les mines. Les survivants se seraient alors adaptés, en décidant dans leur folie de devenir chasseurs plutôt que proies.

2) Ce peuple est le résultat d'une ancienne tradition tombée dans l'oubli, assez similaire à celle que l'on voit dans le film "300" : les enfants indésirables et les parias auraient été laissés à mourir au fond de grottes ou de mines. Pas de bol, certains ont survécu, et se sont entraidés pour survivre...

3) Au cours de la période de glaciation tristement célèbre appelée "mort blanche", certaines communautés ont adopté des solutions extrêmes sans pour autant tomber dans le cannibalisme : abandonner leurs membres indésirables dans des grottes pour qu'on ait plus besoin de les nourrir, tout en leur donnant une infime chance de survie (une dernière once d'humanité empêchant de les tuer froidement).

Qu'en pensez-vous?

Re: Les mangeurs de morts

Publié : 29 juil. 2014, 18:06
par Casaïr
Vu le côté bien malade de cette tribu, je suis pratiquement sûr qu'ils mangent également certains morceaux de leurs défunts pour s'approprier leur force.

J'hésite entre la deuxième et la troisième possibilité qui me semblent plus convenir : En effet, ceux qui sont reconnus difformes/aliénés n'ont de toutes évidences aucune utilité pour un clan aux tendances un peu extrêmes et il devient donc primordial de se débarrasser de ces bras inutiles qui en plus réquisitionnent une part de nourriture.

A cause de cela, les survivants seront devenus vraiment sauvages pour se préserver. Il est possible qu'au départ leur tout nouveau clan ait récupéré certaines traditions de ceux qui furent bannis mais leurs faibles conditions mentales et/ou physique ne leur auraient pas permis de survivre sans cette rencontre avec des feondas à l'apparence sans aucun doute trompeuse (soit naturellement beau, soit usant de sortilèges d'illusions).

Il en aurait résulté cette alliance contre-nature et il est tout à fait possible que les dreins aient interdits toute communication verbale (et du même coup la transmission de codes propres aux humains et autre)

P.S : je pense à deux à l'heure, désolé, je suis un peu malade du coup je n'arrive pas à exprimer ce que je veux (car j'en avais encore sous le capot :p), désolé ;)

Re: Les mangeurs de morts

Publié : 29 juil. 2014, 23:21
par Arthus
Courage et bon rétablissement pour ta maladie!!! :D

En ce qui me concerne, j'avais pensé aux rites mortuaires anthropophages comme tu les cites, mais je les ai finalement rejetés, car ce que je veux est vraiment d'avoir le moins d'éléments "humains" possibles (les seuls éléments "culturels" qui leur reste, donc leur seule part d'humanité, ce sont les statues de chair et leur mémoire collective).

De même, je souhaitais éviter le cliché du féonda/dréin qui exerce un contrôle, mental ou autre.

En fait, la thématique que je souhaite aborder via cette situation est la notion d'humanité : qu'est-ce qui est "humain"? Un homme primitif qui a fini par adopter le mode de pensée d'un animal, voire d'un féonda, peut-il encore être qualifié d'"être humain"? L'humanité se définit-elle par un comportement ou une culture, ou par l'appartenance biologique à une même espèce? Et si c'est la première solution qui est choisie, l"humanité" est-elle bonne, sachant que c'est cette même "humanité" qui a conduit ces parias (en les rejetant) à devenir ce qu'ils sont? Cela questionne également l'"humanité" des féondas/dréins, qui sembleraient pouvoir faire preuve d'autre chose qu'une envie de tuer en présence d'"humains"... Et d'ailleurs... cette communauté, aussi atroce qu'elle puisse paraître aux yeux de l'"humanité", n'aurait-elle pas trouvé une voie pour vivre en harmonie avec les féondas et dréins, en renonçant à leur "humanité" pour retrouver leurs instincts animaux, qui les rapprochent de la "nature"?

Si l'homme est un loup pour l'homme, de qui le loup est-il l'homme?

Bref, pour en arriver à ces questionnements profonds, il me semblait essentiel que l'évolution (ou la régression, selon le point de vue) de ma meute nécrophage se fasse naturellement, et que l'"entente" avec les féondas et dréins ne provienne pas d'un contrôle artificiel, mais d'une proximité d'état d'esprit qui a pour conséquence que les féondas et dréins ne les considèrent plus tout à fait comme des humains (raison pour laquelle ils ne les attaquent pas).

De même, les féondas et la meute "cohabitent", mais ne se donnent pas d'ordres. Ce serait plutôt de l'ordre de la symbiose qui existe entre les anémones et les poissons clowns (désolé, je trouve la comparaison bancale, mais je n'ai pas trouvé mieux).

Donc, comme je voyais les choses, les membres de ma meute sont des individus qui auront été rejetés par l'"humanité" (qui en porte la honte/faute secrète, raison pour laquelle je pensais aux osags, un peuple fier chez qui on ne pense pas trouver une telle honte de prime abord), qui les a abandonnés seuls dans un monde qui aurait dû faire d'eux des proies. Et pour survivre, ils ont abandonné leur humanité en adoptant l'identité de chasseurs, et pas n'importe lesquels : les chasseurs d'humains, ceux que l'humanité considère irrémédiablement comme leur ennemi, leur terreur et leur némésis...

Mais un tel résultat doit être crédible, et c'est là que c'est dur, d'où mon questionnement initial. ;)

Re: Les mangeurs de morts

Publié : 30 juil. 2014, 06:52
par Casaïr
Je suis assez d'accord avec toi mais la première question à résoudre est : comment ces humains rejetés au possible ont-ils pu tomber sous le joug "bienveillant" de feondas ?

On sait que les dreins sont plus malins que le feond moyen (que je caractérise souvent comme un lemming particulièrement agressif :P parce qu'ils ont tendance à oublier toute notion de survie propre juste pour tuer un humain) pour ce qui est de la "stratégie militaire".

Il est aussi possible qu'un drein soit suffisamment intelligent pour tirer les bénéfices d'une situation donnée (comme ton clan de dégénéré), la question demeure cependant.

Comme ça va un peu mieux qu'hier, je vais essayer d'expliciter un peu plus ma pensée d'hier que je n'arrivais pas à formuler.

Notre feond (je parlerai de lui au singulier, mais rien n'empêche d'en avoir tout un groupe) a trouvé un moyen d'encanailler ces humains, rebuts de leur tribut pour la plupart, mais comment s'y est-il pris ? Plusieurs possibilités, au choix :

- Avec l'appât de la vengeance : En promettant de les rendre plus fort et en échange de leur adoration (pourquoi pas, même ces monstres peuvent avoir le complexe de Dieu ^^), il a très bien pu leur dire qu'ils iraient se venger de leurs persécuteurs. Du reste, ils ont très bien pu y arriver et un ou plusieurs clans osags on pu disparaitre corps et biens à l'époque ;

- Avec une promesse de "protection" : Le feond a pu se débrouiller pour faire comprendre qu'il ne voulait aucun mal à ces humains (tu parles !) et qu'il leur trouverait un refuge loin de la folie qui a entrainé leur propre bannissement de leurs clans. En échange, il peut demander une quelconque vénération voire un sacrifice (humain de préférence, le naturel revenant au galop) tout les X temps pour que le feond n'aille pas lui-même choisir son diner ;

- Avec l'appât de la puissance : Le feond a pu promettre aux humains de les rendre de plus en plus forts, voire de les transformer en feond afin qu'ils puissent eux-mêmes chasser les humains qui ont préféré se débarrasser d'eux. Progressivement, en se débarrassant de leur propre humanité (au travers de rites sanglants et du cannibalisme probablement encouragé par le feond), ces hommes et femmes ont sombré dans la démence et se sont mit à lancer des raids sur toute communauté proche, osag ou non, dans le but de leur faire expier leurs péchés. Puis au fil des décennies, leur but premier s'est perdu, n'est resté que l'envie de tuer ce qu'ils ne considèrent plus depuis longtemps comme leurs semblables.

Ca reste un début de piste, au moins sur les motivations affichées du/des feond(as), mais ce ne sera toujours que le sommet de l'iceberg.

Pour ce qui est de ma question première, je n'ai pas encore la réponse ^^ Il va falloir en discuter un peu pour trouver LE feond assez fourbe pour avoir fomenter un coup d'éclat pareil.

EDIT : après avoir relu ton message, je me dis que ma troisième proposition s'accorde sans doute mieux. Après tout, je vois mal un feond s'attacher à des créatures sans doute moins "haineuse" que lui envers l'humanité. Du coup son projet d'inhumanité peut être parti de là. A voir.

Re: Les mangeurs de morts

Publié : 30 juil. 2014, 09:40
par Arthus
Hello!

A nouveau, tes propositions sont intéressantes dans le cadre d'une situation de contrôle par le féond/dréin, mais ce n'est pas vraiment ce que je recherche.

Dans ma vision, il n'y a pas de "joug bienveillant" des féondas, pas plus que de promesses, de manipulation ou d'appât : c'est un comportement bien trop humain d'une part, et d'autre part cela évacue trop facilement les questions philosophico-morales que je veux susciter avec ma thématique.

En effet, si l'affaire se résume à un féond manipulateur qui contrôle ses pions, il n'y a pas vraiment de questions à se poser vis-à-vis des parias : c'est la faute du féond, qu'il faut buter pour régler tous les problèmes.

Il en va autrement si on ne peut pas rejeter toute la faute sur les féondas : dans ce cas, qu'est-ce qui a poussé ce groupe à devenir aussi incompréhensible, aussi inhumain?

C'est la réponse à cette question qui sera véritablement horrifique : ces hommes ont renoncé à leur humanité de leur plein gré, précisément parce que l'humanité les a rejetés au départ. Et ce faisant, ils sont devenus très proches des féondas, ce qui leur a non seulement permis de survivre, mais les a en plus libérés de la pire crainte de l'humanité.

Un tel contexte remet vachement l'humanité en question, non? :twisted:

Pour arriver à un tel résultat, il est important que parias et féondas/dréins soient totalement inhumains et incompréhensibles (de prime abord), ce qui inclut même le fait qu'il n'y ait pas de réelle "communication" consciente entre eux. Au mieux, il y a une sorte d'instinct primitif de reconnaissance mutuelle, qui fait qu'ils se "ressentiront" comme appartenant à la même espèce, et ne s'attaqueront pas, voire seront capables de combattre ensemble.

Re: Les mangeurs de morts

Publié : 30 juil. 2014, 10:48
par Casaïr
C'est pour ça que j'ai précisé que c'était mes idées d'hier ^^

J'étais tellement dans les choux que je ne parvenais pas à exprimer cela mais il fallait que je l'écrive quand même ^^

En fait, la question de l'inhumanité est plus trouble que cela je pense, car il faut alors se mettre avant tout à la place du feond pour savoir si c'est "l'âme humaine" qui le fait les chasser, ou juste le fait qu'ils aient une apparence humaine ou l'odeur de l'humanité (si on peut appeler cela comme ça).

Si la réponse à cette question est l'âme (en sachant que seuls les unistes croient dans ce concept mais je pense que les feondas s'en contrefichent totalement ^^), alors oui, des humains à la psyché totalement détruite, réduite à néant au point d'en revenir à un état animal pourraient s'allier à un feond.

Si c'est la seconde, aucune chance mais ce n'est pas ce qu'on veut ici ;)

En fait, si l'on peut concevoir qu'un humain puisse s'allier à ce type de monstre (ce qui ne serait finalement pas si étonnant), l'inverse me semble plus compliqué. Pour que le feond considère l'humain comme son égal, il faut qu'il y ait une sorte d'échange entre les deux, une entente et surtout que les deux parties y gagnent.

L'humain y gagnera quoi qu'il arrive, car le feond est forcément plus puissant et donc peut lui assurer une aide inestimable (surtout si l'on prend en compte que le premier humain était, a cause de problèmes physiques et/ou mentaux, incapable de pourvoir à sa survie seul), mais l'inverse ?

Après, je ne dis pas que c'est impossible, mais il faudrait un feond plus intelligent que la moyenne malgré tout pour concevoir une alliance avec un être qui n'est manifestement pas comme lui physiquement, même si par l'esprit ils sont très proches. Je me trompe peut-être, d'ailleurs j'ai bien envie d'avoir tord, car on entrerait de plein pied dans quelque chose de particulièrement terrible : une cité soit troglodyte creusée sous les Mòr Roimh, soit planquée dans la partie la plus noire de Mòr Forsair (qui n'est déjà pas franchement réputé pour sa joie de vivre ^^) où les hommes et les feonds vivraient ensemble.

Et où les étrangers seraient les bienvenus au repas du soir. En tant que pièce de résistance.

En passant, si ma première idée est en effet plus du domaine du contrôle classique de la communauté par une entité maléfique, les N°2 et 3 sont plus une "suggestion" du monstre, à charge des humains de l'accepter où non. Et c'est là que commence le drame, car quand les humains décident sciemment de s'allier avec l'ennemi de l'humanité, on peut se demander ce que sera la suite. ;)

Pour terminer, tout cela repose aussi sur quelque chose qui vient de me traverser l'esprit : l'idée que les feondas soient apparus spontanément pour détruire l'humanité et non créés spécifiquement dans ce but. Car dans le premier cas, au bout de plusieurs siècles (millénaires ?), ils ont pu évoluer alors que dans l'autre, cela me semble nettement moins faisable.

Re: Les mangeurs de morts

Publié : 01 août 2014, 08:07
par iznurda
Plop !

Le truc qui me dérange moi dans cette proposition c'est le drein/féond passif. J'aurais personnellement brouillé un peu les pistes de la sorte :

a - Les manges-morts (ithe déanach => Ith'déan ?) mange les cadavres (pillent les caerns, les tumulus) Bref, ce que qui a déjà été évoqué.

b- avec le temps un culte s'est développé et des idoles de chair ont été confectionnées.

C - les émotions fortes et contradictoires résiduelles dans le lieu de culte ont finit par imprégner une/des idoles de chair, qui se sont animées. Bien que leurs actions soient limitées et qu'elles soient muettes, les différents responsables des dévotions se sont mis à interprêter leurs actes comme des ordres. De plus le culte s'est durcit et radicalisé avec l'entrée de nouvelles composantes (tortures ? Substances hallucinogènes ?) et le corps des idoles se putréfie => il faut en reconstituer les morceaux. Les pièces manquantes sont prélevée sur des voyageurs enlevés et sacrifié pour l'occasion ; un morceau est greffé à l'idole, le reste est partagé par les participants.

Pour brouiller la piste on peut imaginer que les idoles sont affublées de masque mortuaires, d'ou la confusion de certains avec des dreins (nul n'a pu s'approcher d'assez près pour vérifier les dires.)

Inspi :
  • Le groupe comptant un magientiste est capturé par des Ith'déan. Ces derniers espèrent que le magientiste pourra trouver une cure contre le pourrissement des chairs de leur idole en échange de la vie sauve de ses compagnons (une scène de capture, une cérémonie, une de captivité, une de requète, une évasion ?)
  • Groupe avec un sigire : un cimetière uniste a été profané. Le prieur local mande l'aide du Temple pour enquêter sur cette affaire.
iz

Re: Les mangeurs de morts

Publié : 01 août 2014, 10:12
par Arthus
Hello!

Toutes ces idées sont excellentes, mais à nouveau, elles ne correspondent pas la thématique que je souhaite creuser. Ce qui démontre brillamment que je ne suis pas clair dans mes explications. ^^"

Je vais donc tenter de faire mieux, et plus simple.

En gros, je souhaite opposer, par contraste, ce qui est humain (la population de Tri-Kazel) et ce qui ne l'est pas (les féonds et mes troglos).


Pour moi, ce qui caractérise l'humanité, c'est le langage, le sens du sacré, la culture, une certaine morale basée sur une organisation sociale... Bref, des trucs complexes qu'on comprend.

Dans ce schéma, je souhaite que mes troglodytes, ainsi que les féondas, incarnent tout ce qui n'est pas humain : donc pas de culte développé, pas de langage complexe, pas de morale, etc. On se trouve donc à un niveau instinctif proche de l'animal, avec une petite particularité en plus : une monobsession (commune) de détruire l'humanité.

Le but derrière tout ça, c'est que les joueurs n'aient aucun élément aucquel se raccrocher pour comprendre ces féondas et troglodytes, de manière à ce qu'ils ne puissent pas se payer le luxe de se rassurer en "recasant" les troglodytes et les féondas dans un schéma qu'ils comprennent et connaissent, et qui donc les rassure. Or, intégrer des éléments comportementaux humains, c'est offrir une telle prise!

C'est pour cela que je ne souhaite pas que les féondas contrôlent ou influencent sciemment les troglodytes : un tel comportement (manipuler ou s'allier dans un but à long terme) est trop "humain" selon moi.

Pour la même raison, je ne souhaite pas que les troglodytes développent un culte, qui est un élément complexe bien trop humain, et surtout, bien trop compréhensible et rassurant!

Voir des humains sur le plan physique se comporter comme des féondas, et constater en prime que les féondas ne les attaquent pas, c'est incompréhensible, et cela soulève plein de questions dérangeantes, surtout si elles restent sans réponses (parce qu'elle force l'imagination à travailler à vide...).

Cette abscence de logique apparente mêlée d'inconnu suscite le malaise, et c'est précisément ça qui est horrifique.

La preuve : cela fait tout le sujet que tous les intervenants tentent de remettre les troglodytes et les féondas dans les balises d'un schéma humainement compréhensible.

Tout cela me conforte dans l'idée que la meilleure option pour ce que je veux faire consiste au final à ne pas donner d'explication. Les féondas sont inhumains, et les troglodytes le sont devenus, c'est tout ce qu'il y a à savoir. Chercher à comprendre est stérile, et ne peut mener qu'à la folie.

Quant aux statues de chair, outre le fait de donner une certaine cohérence à cette histoire, elles font office de supplice de Tantale.

En effet, c'est le seul élément humain qu'ont conservé les troglodytes : le souvenir de ce qu'ils étaient avant, la raison pour laquelle ils ont choisi cette voie, leur mémoire collective. La caverne des statues de chair se comporterait comme un lieu de pouvoir, qui permettra aux joueurs de comprendre, via des visions et des sensations, que les troglodytes étaient humains avant, qu'ils ont été rejetés par l'humanité, et qu'ils en ont conçu une haine sans limite. (Cela apporte une cohérence, car cela démontre que ces troglodytes ne viennent pas de nulle part.)

Mais ce lieu de pouvoir se comportera aussi comme un supplice de Tantale, puisqu'il ne permettra pas de comprendre pourquoi ni comment les troglodytes ont évolué précisément dans cette direction, ni la raison pour laquelle les féondas ne leur fait pas de mal. Il ne permettra même pas de comprendre la logique qui se cache derrière les statues de chair!

En gros, la caverne et les statues de chair donneront l'espoir aux joueurs qu'ils pourront enfin comprendre les troglodytes, et donc se rassurer et trouver une solution. Sauf que cet espoir n'est qu'une illusion : la caverne suscite en réalité plus de questions dérangeantes encore, sans fournir la moindre certitude, hormis que c'est l'humanité elle-même qui est à l'origine d'une telle monstruosité, et qu'elle a donné naissance à une haine sans limite.

:twisted:

Bon, je me rends compte que, scénaristiquement parlant, mon idée est surtout exploitable dans des scénarios à la Ctulhu : courts, mortels, et tout le monde devient fou à la fin.

Même s'il reste toujours la possibilité qu'un scénario sur ce thème soit utilisé comme un survival d'ambiance : le but des pjs serait alors de survivre (et de faire survivre leur communauté) plus que de trouver une solution définitive au problème des troglodytes. Au mieux, ils pourront informer les autorités du coin pour qu'une purge massive soit tentée.

Et par la suite, l'avantage serait que la crainte et la terreur suscitée par les féondas et l'incertitude du monde qui les entoure seront durablement implantées dans l'esprit des joueurs.

Re: Les mangeurs de morts

Publié : 01 août 2014, 10:30
par Arthus
Ceci dit, je le répète, je trouve toujours vos idées excellentes.

Et cela m'embête franchement de donner l'impression que je les rejette ou les écarte. Je le fais parce que je veux réellement explorer ma thématique très particulière, qui n'est vraiment pas facile : on a toujours le réflexe de construire les choses selon un schéma humainement compréhensible, alors que tout le challenge de mon idée consiste à réfréner cette pulsion pour conserver une dose d'incompréhensible, tout en restant un minimum crédible.

En dehors de cette optique très particulière, j'aime beaucoup vos suggestions (le culte des idoles de chair... les "tractations" féond-humain... miam! ^^), et je crois qu'elles pourraient donner lieu à d'excellents scénarios, voire mini-campagnes complètes! :)