Je ne pense pas qu'on soit dans la situation que tu cites, ni que l'utilisation d'une telle mécanique soit si "forcée".
A l'inverse, elle me semble justement tenir compte des caractères et du comportement des joueurs autant que de leurs personnages, en adaptant de façon relativement neuter les situations à leurs actes.
Ainsi, un joueur ayant un comportement de Franck Dubosc ou de Casanova devrait assez logiquement rencontrer un succès assez mitigé auprès de cercles universitaires coincés, et ce même s'il a 16 en relations et representation. Idem pour le virtuose de chopin poète maudit introspectif romantique qui devrait animer la kermesse au boudin d'un village adepte de grosses fiestas populaires particulièrement arrosées, ou donner un concert devant des fans de metal hardcore.
Cette mesure me semble relever du bon sens, et pousse les joueurs à investir dans leur role autant que dans leurs caractéristiques en matière de social. C'est aussi très logique à mes yeux. D'ailleurs :
Clovis a écrit :à ce moment-là, autant arguer qu'un mercenaire aura des malus au combat contre des animaux (puisqu'il n'a pas l'habitude d'en combattre) tandis qu'un chasseur aura des bonus contre eux. Ou encore qu'un Demorthèn aura des bonus en Érudition pour se souvenir de légendes ancestrales tandis qu'un magientiste confit dans l'éducation continentale se chopera des malus. Etc.
C'est exactement l'idée. Le mercenaire et le chasseur auront peut-être des scores de combat similaires, mais il serait relativement logique que le chasseur adopte une approche différente, comme ne pas foncer la hache au clair dans une ourse qui defend ses petits, par exemple. Le genre de comportement qu'on s'étonne moins de voir chez un mercenaire avide de gloire et de notoriété... Idem, je trouverais assez logique qu'un démorthèn avec 8 en mystères démorthen en sache plus qu'un magientiste avec 8 en erudition sur les legendes ancestrales démorthèn, en effet. Et qu'un démorthèn avec 9 en erudition mais 0 en magience n'y comprenne pas grand chose en magience me semble assez logique aussi.
Toutes ces situations peuvent être influencées par le maître de jeu s'il pense à adapter les informations et descriptions qu'il donne, ou s'il ajuste le comportement des interlocuteurs rencontrés par les personnages (un missionnaire templiste qui tombe dans une communauté ancestrale extrémiste aura sans doute de gros malus, voire devra éviter le lynchage pur et simple s'il fait l'erreur de jouer au candide prosélyte en se reposant uniquement sur son "gros score en relation"...)
Enfin, cela ouvre une perspective pour les joueurs de se découvrir complémentaires, avec un éventuel effet positif en jeu aussi bien que dans leur relation IRL à la clé.
Tant qu'à faire, je précise que c'est dans cette perspective que je proposais de "partager" le pouvoir d'Aedhan d'une façon ou d'une autre si les deux joueurs parviennent à collaborer sur le long terme.
D'une part cela matérialisera leur relation d'amitié en jeu, et d'autre part ce sera symbolique de la progression que chacun aura fait en s'adaptant à l'autre :
- En réfrénant son caractère flamboyant pour laisser de l'espace au joueur d'Aedhan et mieux encore en étant à l'écoute de celui-ci, le joueur d'Ael aura accès à son pouvoir parce qu'il aura sincèrement choisi de s'intéresser à lui, voire de l'écouter avant de s'écouter lui-même.
- En acceptant de partager sa "sphère privée" avec Ael, et mieux encore en s'inspirant du caractère plus énergique de celui-ci pour en nourrir son rôleplay, le joueur d'Aedhan devrait normalement s'ouvrir à ce qui l'entoure et améliorer ses performances sociales "en vrai", c'est-à-dire par son comportement et pas en poussant autrui à reconnaître ses gros scores de caracs et ses pouvoirs magiques.
A mon avis, si les deux joueurs parviennent à ce stade, le partage du pouvoir d'Aedhan ne devrait plus poser de problème, voire être vu comme une opportunité par les deux joueurs.
Enfin c'est mon sentiment. ^^