Oui, ça s'annonce plutôt sympathiquement.
Comme dans Ambre, je compte bien solidariser le groupe pour obtenir le récit d'une campagne, à plusieurs mains, les joueurs étant responsables, à tour de rôle, de l'écriture de la séance. Tout le monde bénéficiant de l'avancée du récit.
Sur les règles, je me tâtonne encore un peu pour savoir si je pars avec des règles très modifiées ou peu modifiées, mais ce sont des réglages assez peu importants, au final, par rapport à l'univers.
Je suis en train de régler plein de questions sur ce qu'il me faudra développer cet été et sur mon mode de narration (activité durant les belles saisons, phase d'hiver à la Pendragon, ou récit "en continu", séparation du groupe à certains moments, etc.). Pour l'instant, je termine un calendrier des événements-clefs qui reprend la chronologie générale et je tente de situer les événements locaux / régionaux / mondiaux dont ils pourraient avoir connaissance
via des varigaux de passage.
J'ai réglé la question des heures de la journée (comment on mesure le temps, dans le monde rural, dans les villes, chez les ecclésiastes, chez les scientörs...) et je pense développer un calendrier gwidrite, en phase avec les grandes stations des révélations (orthodoxe) de Soustraine. Je développe un peu les questions relatives aux révélations introduites par la Rose Blanche, notamment les conséquences de la réincarnation, ce qui pose plein de question...
Concernant les personnages, je n'ai pas vraiment de crainte pour la joueuse qui incarnera Joris, c'est juste que la religion lui paraissait un peu... banale. Un peu trop proche de la nôtre, en fait. Et comme je compte jouer en mode very low fantasy, ça risque pas de se prendre pour un clerc lvl7 d'ADD...
Ceci dit, ça m'intéresse de voir comment le groupe interprête les rapports de force entre ces croyances :
- Finn rejette les superstitions demorthen, mais est prêt à penser que "ça peut être utile", le genre de truc qu'un demorthen ne va probablement pas entendre comme un compliment

- Adeliane est plus tradition, mais en même temps, ça ne sert pas à grand chose de parler tradition lorsqu'on n'est pas sûr de ce qu'elles signifient. Il y a donc nécessairement des questions sur les origines des rites et leurs significations réelles qui vont se poser. Dans cette perspective, je compte bien laisser le joueur se dépatouiller avec son syndrome d'imposture... et on peut facilement prévoir que comme il n'aura pas grand chose à dire, il dénigrera le boulot des autres.
(Un truc assez courant en fait. Celui qui n'a rien foutu, lorsqu'il arrive en réunion, il commence par saper ce que les autres ont fait : ça lui donne une contenance.)
- Joris m'est donc utile parce qu'il propose un terrain de conciliation et déséquilibre une relation entre mes deux factionnaires qui serait un peu trop polarisée. Le triumvirat est une structure politique très instable, comme les romains nous l'ont maintes fois prouvé, et c'est pourquoi j'en ai besoin dans le groupe, croyant ou pas, du moment qu'on croit qu'il l'est... Après tout, Finn ne peut prouver que l'Unique n'existe pas, donc, en bon rationnel, il doit pouvoir poser l'hypothèse qu'il existe.
La question de l'origine de la guerre mondiale de 857 se pose bien évidemment comme un des éléments à développer après les premiers scénarios, parce qu'elle amène très vite sur de la géopolitique et sur les pouvoirs derrière les trônes, donc sur des factions moins apparentes que les trois croyances, donc sur d'éventuels secrets. Mais bon, j'ai encore un peu de temps pour régler ça.
Concernant l'idée selon laquelle l'issue des focus doit être ou non connue des personnages, ce qui m'intéresse dans le focus, à vrai dire, c'est plus son aspect "souvenir" que son aspect "intensité émotionnelle et création d'un lien avec le personnage". Je m'explique : j'envisage de faire jouer, à quelques mois de distances, deux souvenirs d'un même événement par deux joueurs différents, au cours de leurs focus (on peut penser par exemple aux scènes où Adéliane entame son initiation auprès de Loeg et où Finn est présenté comme moqueur, ou à la scène qui enclenche l'arc de la culpabilité).
Mon intention est de pousser Finn à une interprétation moqueuse de son personnage, dans le focus d'Adeliane. Mais, faisant jouer à Finn son propre focus, de reproduire cette scène en explorant la jalousie, la vulnérabilité d'un Finn qui se rend bien compte que cette Adéliane traditionnalisante va prendre sa place, tôt ou tard, auprès de Loeg. Et donc de demander à Adéliane de jouer l'arrogance qui destabilise Finn.
Nous jouons donc deux fois la même scène, mais sous des points de vue différents.
Cette démonstration faite, par l'exemple, me permet ensuite d'introduire dans la campagne de vrais retournements de perception de certains PNJ, puisque j'ai établi, dans le récit des aventures, le fait qu'on pouvait mésinterpréter l'attitude de quelqu'un, en étant trop centré sur soi.
Sur un plan plus global, j'envisage donc une première phase avec des règles d'évolution des personnages probablement calquées sur Pendragon et ses phases d'hiver. 75% du temps est passé en focus ou en bac à sable, tout en introduisant Loch Varn, Poison et Automne Rouge comme des éléments qui font passer du temps dans les vaux.
Ensuite, bien sûr, ce monde qui semble aller de soi doit exploser, et là on passe sur un mode narratif de type voyage "au jour le jour" et où le temps se "décomprime". Je prévois une première année de jeu sur la phase "prologue et premiers temps de Dearg", puis une seconde en fonction du nombre de signes que tu auras pu publier à ce moment-là
Caser Choix de Vie sera probablement une bonne solution, il me faut juste déterminer comment associer le wannabe demorthen à cette campagne, qui le sera peut-être devenu entre temps. Mais je n'ai pas d'inquiétude, la solution viendra sûrement plus des joueurs que de moi
