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par Pénombre » 15 déc. 2010, 11:26
Tu viens d'illustrer par l'exemple ce que je disais précédemment : il n'y a pas de vision synthétique, unanime, que les demorthèn auraient de leur rôle et de comment le mener à bien.
Ca n'est pas parce qu'un demorthèn porte une cape en laine tissée qu'il va forcément accepter un métier mécanique, sans parler d'un métier à tisser magientiste... mais on pourrait très bien avoir plusieurs cas comme ceci :
- un demorthèn qui dise "je ne porte aucun vêtement tissé, car je n'accepte pas d'animaux d'élevage. Nous devons rester des chasseurs et des cueilleurs, ne rien cultiver ni élever. Je tue des animaux sauvages pour me nourrir et j'utilise leur peau et leur fourrure pour me vétir".
- un autre demorthèn qui dira "On peut élever des animaux pour survivre, mais ils ne doivent pas servir à s'enrichir ou à obtenir l'ascendant sur la communauté. Je ne porte que les vêtements que je tisse moi-même, car c'est à chacun dans la mesure du possible d'être responsable directement de l'usage qu'il fait des dons de la nature".
- alors qu'un troisième dira "tout est justifié, si on le fait de manière respectueuse et sans chercher à abuser de ce qu'on peut obtenir. Il faut faire preuve de frugalité, mais il est normal qu'on élève des animaux et qu'on cultive de quoi manger. Une fois la laine tondue du mouton, la manière dont elle est tissée doit être faite selon une façon traditionnelle, qui respecte les rites"
- et un quatrième pourrait même dire "peu importe comment la laine est tissée, la question n'est pas de savoir si j'emploie un métier à main, ou mécanique. La question est de savoir si utiliser le Flux qui détruit la nature pour alimenter un métier est une bonne chose. De même, la question est de savoir à quel point certaines cultures sont nécessaires. Et c'est à nous de veiller à ce que cette question reste présente dans l'esprit des gens".
Lequel des quatre est le "meilleur demorthèn" ? Je doute qu'on obtienne 10 réponses identiques si on fait un sondage.
Par ailleurs, nombre de gens qui ont une philosophie distinguent différents niveaux de mise en pratique, surtout quand il y a une notion de prêtres, d'intercesseurs ou de guides en jeu.
Un demorthèn peut très bien refuser de manger de la viande d'élevage par exemple, parce que selon lui il faut éviter d'élever des animaux, mais admettre que d'autres soient obligés de le faire, parce qu'il est difficile d'appliquer collectivement des restrictions personnelles. Ca ne me semble pas plus illogique que de dire "croissez et multipliez, c'est un commandement divin, mais nous prêtres catholiques ne prenons pas épouse et n'avons pas d'enfants".
Le demorthèn peut très bien se mettre en valeur en ayant une pratique exemplaire, rigoureuse, d'un corpus de croyances que les autres vivent plus pragmatiquement. Il sert de modèle vers lequel tendre, pas forcément de modèle à suivre bêtement.
D'une façon générale, c'est souvent parce que cela amène le pratiquant à renoncer du coup à certaines formes de satisfaction, de confort, de prospérité, parce qu'il va plus loin que les autres dans la pratique, qu'il en obtient un statut à part, d'être "initié", de "guide", de référent en fait.
Ce que nous écrivons dans la gamme officielle des Ombres d'Esteren n'est pas "la vérité" inaltérable et absolue.
Mais juste ce que nous écrivons.
Si quelque chose ne convient pas à vos besoins, faites comme d'habitude : changez le.