En ce qui concerne le niveau général d'érudition, je me demandais si c'était similaire chez les clans osags traditionnalistes.
Dans mon (chantier d') aide de jeu, j'ai supposé que non, pour des raisons culturelles : les osags seraient des analphabètes "volontaires" :
La place de l'oral, le rejet de l'écrit
Par extension de la tradition Démorthèn, la culture osag est exclusivement orale. Cette situation s'explique essentiellement par la conception osag selon laquelle l'écrit ne peut décrire et refléter que très imparfaitement la réalité. Par ailleurs, de nombreux osags assimilent l'écriture à l'exercice de pratiques magiques, probablement en faisant le rapprochement avec les signes oghamiques utilisés par les démorthèn dans l'art du Sigil Rann. Ils ont de ce fait développé une forme de crainte superstitieuse à l'égard de l'écriture, qui devrait selon eux être réservée à des sages, qui en feraient feraient usage avec prudence et parcimonie.
"L'écrit est une parole morte"
La conception des osags de l'écriture est toute entière contenue dans un vieux diction en langue ancienne, probablement héritée de la tradition démorthèn : "l'écrit est une parole morte".
Cet adage signifie que la parole se doit d'être aussi vivante que la réalité qu'elle décrit, sans quoi elle ne serait qu'une coquille vide et inutile. Dans cette vision des choses, une parole appartient à son auteur, qui est le seul à en appréhender totalement le sens. De plus, cette parole vise à décrire, à correspondre à une réalité vivante, changeante, éphémère et ambigüe. Il serait donc un non sens de tenter de les emprisonner toutes deux (la parole et la réalité décrite) dans une forme durable et forcément imparfaite, l'écrit.
Par ailleurs, les osags font régulièrement usage d'un adage particulièrement éclairant à l'égard des "civilisés" qui chercheraient à leur vanter les mérites de l'écriture : "on ne peut emprisonner le ciel dans une cage de fer". Cette image démontre bien toute l'incompréhension des osags face à la volonté des royaumes de diffuser l'écrit, qu'ils jugent aussi stupide qu'inutile.
L'écriture, une pratique magique
Il n'est pas rare que les clans osags perçoivent également l'écriture comme une forme de pratique magique. Cette croyance, souvent véhiculée et encouragée par les démorthèn, implique que l'écriture peut provoquer d'importants effets magiques, qui peuvent avoir des conséquences néfastes s'ils ne sont pas maîtrisés. A ce titre, l'exercice de l'écriture implique de grandes responsabilités, et devrait de ce fait être réservée à certains sages mesurant les conséquences de leurs actes.
Illetrisme et résistance à l'écriture
Ceci explique pourquoi il n'existe pas d'écrit dans la transmission du savoir démorthèn, et pourquoi les clans Osags et la majorité de la péninsule sont illetrés.
Il est à noter que cet illetrisme n'est pas perçu négativement, bien au contraire. Il existe même une résistance farouche à l'écriture chez les plus traditionnalistes, qui y verront au mieux une marque de stupidité, au pire un acte contre-nature, violant des coutumes ancestrales sacrées.
Cela peut même conduire à des débordements de violence dans les clans les plus traditionnalistes, un lettré non démorthèn pouvant être mis à mort si il est surpris en train de lire ou d'écrire.
Par contre, je les vois bien utiliser l'institution de la damathair, qui du coup leur apprendrait un "savoir" différent : l'accent serait mis sur les mystères démorthèn et le milieu naturel plutôt que sur l'érudition.