Dans un scénar (pas encore achevé ni joué), j'avais introduit quelques éléments de guildes reizhites:
Kalvernach (Univers, p. 81-83) est une des principales cités de Reizh. C’est un centre minier et artisanal prospère, dont l’influence s’étend sur tout le Sud-ouest du royaume. Quelques années plus tôt, une invasion de Feondas, surgissant des galeries des mines de sel, a fait d’épouvantables ravages. Le duc et la plupart de ses chevaliers ont péri les armes à la main, et les habitants n’ont survécu qu’en s’enfermant dans les hautes cavernes des falaises qui entourent la ville. Une force de secours, commandée par le seigneur Kellemnir et comprenant plusieurs Magientistes experts, a exterminé les monstres et permis le retour de la paix. Kalvernach s’est rapidement repeuplée, et sa structure sociale a profondément changé : la vieille noblesse d’épée a été supplantée par une nouvelle élite d’entrepreneurs, banquiers, maîtres magientistes, et le Conseil de ville détient beaucoup plus de pouvoirs que la jeune duchesse Eriell. Celle-ci s’en soucie peu, elle s’est attachée à l’illustre demorthèn Guinevere Oan, elle s’entoure de bardes et de demorthèn et rêve d’être initiée un jour aux rites sacrés de Fairean Ear.
Crail (Voyages, p.12) est un gros bourg prospère, dépendant de Kalvernach et surtout connu pour son artisanat du bois : meubles, bibelots, instruments de musique. Ses jeunes artisans vont souvent travailler à Kalvernach, à Baldh-Ruoch et ailleurs, pour se perfectionner dans l’art de la menuiserie ou de la charpenterie. Sur les bazars et les chantiers de Reizh, il est rare qu’on ne trouve pas un Crailide occupé à tailler le bois.
Beaucoup de bardes et de musiciens ambulants circulent entre Kalvernach et Crail, rêvant d’être invités aux journées musicales de la duchesse, aux cérémonies sacrées de Fairean Ear, ou au moins à une des fêtes bien arrosées et bien rétribuées que donnent les riches bourgeois kalvernades. Et Crail, centre renommé de lutherie, est une étape fréquente sur leur route.
Prologue – Kalvernach, dans les bureaux du Conseil. Un bâtiment tout neuf, construit par les guildes après la « Guerre des Galeries » (l’attaque de Kalvernach, Univers, p.83). La grande salle s’orne d’une verrière dans le goût magientiste, mais qu’il faut recouvrir l’hiver par des volets de métal, à cause de la neige. Nous sommes au milieu du printemps et la question ne se pose pas.
Un ou plusieurs conseillers, selon l’inspiration du MJ et l’importance qu’il souhaite donner à cette scène. Maître Urlog, de la guilde des Mines, est visiblement le plus puissant. Maître Winock, Magientiste, représente toutes les activités du Flux : il se donne beaucoup d’importance, mais c’est un Magientiste mineur comparé aux grands savants de Baldh-Ruoch. Maîtresse Trifina, originaire de Crail, représente les métiers du bois. Le chevalier Dider Mac Kern, chef de la garnison, est un vieux chevalier-ronce perclus et à moitié aveugle : il est le seul membre du Conseil à avoir participé à la guerre contre les Feondas, qui l’a laissé à moitié infirme. Il exerce la garde de l’atelier des monnaies.
Les magientistes et les ronces ne sont pas des guildes à proprement parler, mais ils peuvent siéger aux côtés des guildes dans le conseil de ville où tous les intérêts sont représentés: ici, les Mines (centrées sur Kalvernach) et le Bois (la guilde se partage entre Crail, centre traditionnel, et Kalvernach, son principal marché).
Les guildes n'existent pas partout, mais seulement quand une activité est assez développée pour se doter d'un conseil représentatif. Par exemple, Brégan, dans le duché d'Osta-Baille, s'est dotée d'une guilde des verriers après l'établissement de plusieurs maîtres verriers de Koskan chassés par l'insécurité.
S'il n'y a en tout qu'une poignée d'artisans dans un bourg, ils peuvent former en commun une "guilde des artisans", mais si certaines branches sont plus puissantes, elles auront tendance à former une guilde à part.
Je ne pense pas qu'il y ait une guilde des mercenaires: ils servent des intérêts trop différents. Mais il peut y avoir un statut de mercenaire avec lettres patentes royales qui autorisent une troupe à louer ses services aux seigneurs et aux villes.