Société Polynésienne et Esteren...
Publié : 19 déc. 2011, 09:28
J'écris ce sujet pour plusieurs raisons :
Tout d'abord, parce que la Polynésie et Esteren sont deux choses qui me tiennent à cœur.
Aussi, parce que j'ai eu l'occasion d'étudier les mythes polynésiens à l'université dans un cours de "Civilisation du Pacifique" parfois soporifique à souhait, et que j'ai cherché, après avoir découvert Les Ombres, à tisser des liens entre les légendes locales, la société polynésienne d'autrefois et le monde d'Esteren.
Et puis, parce que je viens d'avoir jeudi dernier, dans le cadre d'une formation, un cours sur "l'approche constructiviste de la culture" qui, ma foi n'avait pas l'air si passionnant que ça à première vue (l'anthropologie et l'ethnologie n'étant pas ma spécialité) mais qui s'est très vite révélé être une mine d'informations sur le pourquoi du comment de la société polynésienne dans les temps anciens... mais aussi, et à ma grande surprise, sur les possibles secrets de la péninsule Tri-Kazelienne.
Attention je ne prétends pas ici avoir réponse à tout et encore moins détenir la vérité, mais la théorie semble assez intéressante pour que je l'expose ici : je vais tenter de trouver les similitudes entre les deux univers afin de mieux faire ressurgir les secrets d'Esteren.
J'espère faire court et être le plus clair possible pour tous. Soyez indulgent avec le pauvre fou qui vous livre ici le résultats de quelques heures de réflexion et d'enquête. Je commence par une présentation générale des mythes et de la société polynésienne, en gardant l'essentiel, pour ensuite présenter les similitudes entres les deux univers :
Te Ao Marama - l'émergence du monde :
A l'origine, il y a le monde surnaturel Te Pō (la nuit, les ténèbres, l'obscurité) dans lesquels vivent les dieux primordiaux Papa (la terre) et Rangi (le ciel). De leur union sont nés différents dieux (Tane, Taaroa,...) qui décident, parce qu'ils commencent à être à l'étroit, de repousser les deux parents. Et c'est ainsi que le monde humain Te Ao (le jour, la lumière) apparaît.
Sous forme de schéma, ça donne à peu près ça :

Mana, Tapu et société :
Cependant, Te Ao ne peut exister que grâce au Mana (le pouvoir), le "flux vital" sacré, issu du monde surnaturel. L'équilibre entre ces deux mondes étant très fragile, certaines personnes sont responsables d’insuffler/d'introduire le Mana dans le monde humain dans un respect le plus total. Ces personnes sont garants de l'intégrité des deux mondes. Elles sont dites "Tapu" (l'interdit, le sacré) et se trouvent en haut de l'échelle social :
- Les Ari'i, les chefs de clan, sont investis du Mana naturellement puisqu'ils sont les descendants des dieux. Ils sont Tapu car il peuvent contaminer tout ce qu'ils touchent avec leur Mana.
- Les Tahu'a, les prêtres, sont responsables des rituels sacrés dans lesquels sont faits des offrandes aux dieux en échange du Mana. Ces rituels sont effectués sur un lieu de culte sacré appelé Marae (imaginez une grande plate-forme en pierre) qui sert de lien entre les deux mondes. Il est bien sûr Tapu/interdit pour quelqu'un de profane de toucher le Marae, sous peine d'être contaminé par le sacré et d'avoir à subir la colère des dieux. Le Tahu'a a un rôle d'autant plus important qu'il peut prononcer un rāhui, une interdiction temporaire, sur une ressource naturelle (bois, poissons, nourriture...) afin de les préserver. Exemple : interdire la pêche au thon, pour laisser aux poissons le temps de se reproduire.
- Les 'Arioi. Ce terme regroupe les danseurs, les conteurs et autres artistes un peu marginaux. Ils bénéficient d'un statut particulier qui leur permet d'être nourris et logés où qu'ils aillent. En échange, ils montent des spectacles pour la population dans lesquels ils évoquent les mythes et les exploits des Tupuna (les ancêtres). Ce sont les gardiens de la tradition orale, et ils jouissent d'une grande liberté (de parole, mais aussi sexuelle) au sein de la société.
Le reste de la société, qui constitue le bas de l'échelle sociale, est divisé entre les Ra'atira (la petite noblesse, les fermiers) et les Manahune (agriculteurs, pêcheurs, artisans...) qui forment une majorité profane.
Sous forme de schéma toujours :

En vert est représenté le Mana, le sacré...
J'espère que vous voyez déjà où je veux en venir... Je continue avec une troisième partie qui ravirait les Gwidrites...
Église, Syncrétisme et bouleversements :
L'arrivée des missionnaires et de la religion protestante (1797 pour Tahiti) va engendrer plusieurs changements dans la société polynésienne traditionnelle et l'harmonie entre Te Ao et Te Pō va être bouleversée.
En prêchant leur religion monothéiste, les missionnaires participent à une remise en cause de l'autorité du Ari'i, considéré comme un dieu vivant par les polynésiens jusque là. Afin de mieux installé leur religion, ils vont aussi interdire l'accès aux Marae, rendant impossible les différents cultes, les offrandes, les cérémonies funéraires, etc. qu'ils considèrent comme païens : le Tahu'a perds de son autorité. Quant aux 'Arioi, ils sont vu d'un mauvais œil par l’Église. Leur grande liberté sexuelle est assimilé à de l'hédonisme ou à de la sauvagerie, et leurs danses traditionnelles sont jugés indécentes et sont donc interdites.
Ainsi, la société polynésienne change et les liens entre les deux mondes disparaissent pour laisser place à la religion monothéiste. Les cultes ne sont plus pratiqué et la présence du Mana dans le monde humain s’amoindrit petit à petit. Les rites funéraires ne sont plus effectués selon la tradition et c'est ainsi qu'apparaissent les Tupapa'u (les fantômes) ; il s'agit en fait de l'âme errante des défunts qui ne peuvent pas rejoindre l'autre monde...

Les Ombres d'Otaheite ?
Si vous avez lu entre les lignes, je pense que vous avez trouvé les mêmes éléments de réponses que moi maintenant...
- La société traditionnelle polynésienne avec ses cultes et son respect de la nature sont très semblables à la tradition et aux cultes démorthén.
- Les missionnaires protestants ne sont pas sans rappeler ceux de la Grande Théocratie venu du Continent.
- Le "Mana" est aussi similaire au mystérieux "flux" extrait par les magientistes et adoré/respecté par les démorthén.
Voilà donc quelques correspondances :
Te Ao = Esteren
Te Pō = Corahn-Rin (l'Arbre-Vie)
Tahu'a = Demorthén
Marae = Cinthareid
Arioi = Bardes, Varigaux
Mana = flux ou "énergie fondamentale"
Missionaires = le Temple
Tupapa'u = Féondas
Et un dernier schéma pour finir (pfiou !) :

Des questions restent néanmoins toujours en suspend comme par exemple ce qui se trouve sur le continent, l'origine des Tarishs, l'Aergewin... et je dois maintenant entamer une nouvelle lecture du Livre 1 afin de vérifier/trouver d'autres informations que je partagerais ici. J'attends vos réactions et retours.
Tout d'abord, parce que la Polynésie et Esteren sont deux choses qui me tiennent à cœur.
Aussi, parce que j'ai eu l'occasion d'étudier les mythes polynésiens à l'université dans un cours de "Civilisation du Pacifique" parfois soporifique à souhait, et que j'ai cherché, après avoir découvert Les Ombres, à tisser des liens entre les légendes locales, la société polynésienne d'autrefois et le monde d'Esteren.
Et puis, parce que je viens d'avoir jeudi dernier, dans le cadre d'une formation, un cours sur "l'approche constructiviste de la culture" qui, ma foi n'avait pas l'air si passionnant que ça à première vue (l'anthropologie et l'ethnologie n'étant pas ma spécialité) mais qui s'est très vite révélé être une mine d'informations sur le pourquoi du comment de la société polynésienne dans les temps anciens... mais aussi, et à ma grande surprise, sur les possibles secrets de la péninsule Tri-Kazelienne.
Attention je ne prétends pas ici avoir réponse à tout et encore moins détenir la vérité, mais la théorie semble assez intéressante pour que je l'expose ici : je vais tenter de trouver les similitudes entre les deux univers afin de mieux faire ressurgir les secrets d'Esteren.
J'espère faire court et être le plus clair possible pour tous. Soyez indulgent avec le pauvre fou qui vous livre ici le résultats de quelques heures de réflexion et d'enquête. Je commence par une présentation générale des mythes et de la société polynésienne, en gardant l'essentiel, pour ensuite présenter les similitudes entres les deux univers :
Te Ao Marama - l'émergence du monde :
A l'origine, il y a le monde surnaturel Te Pō (la nuit, les ténèbres, l'obscurité) dans lesquels vivent les dieux primordiaux Papa (la terre) et Rangi (le ciel). De leur union sont nés différents dieux (Tane, Taaroa,...) qui décident, parce qu'ils commencent à être à l'étroit, de repousser les deux parents. Et c'est ainsi que le monde humain Te Ao (le jour, la lumière) apparaît.
Sous forme de schéma, ça donne à peu près ça :

Mana, Tapu et société :
Cependant, Te Ao ne peut exister que grâce au Mana (le pouvoir), le "flux vital" sacré, issu du monde surnaturel. L'équilibre entre ces deux mondes étant très fragile, certaines personnes sont responsables d’insuffler/d'introduire le Mana dans le monde humain dans un respect le plus total. Ces personnes sont garants de l'intégrité des deux mondes. Elles sont dites "Tapu" (l'interdit, le sacré) et se trouvent en haut de l'échelle social :
- Les Ari'i, les chefs de clan, sont investis du Mana naturellement puisqu'ils sont les descendants des dieux. Ils sont Tapu car il peuvent contaminer tout ce qu'ils touchent avec leur Mana.
- Les Tahu'a, les prêtres, sont responsables des rituels sacrés dans lesquels sont faits des offrandes aux dieux en échange du Mana. Ces rituels sont effectués sur un lieu de culte sacré appelé Marae (imaginez une grande plate-forme en pierre) qui sert de lien entre les deux mondes. Il est bien sûr Tapu/interdit pour quelqu'un de profane de toucher le Marae, sous peine d'être contaminé par le sacré et d'avoir à subir la colère des dieux. Le Tahu'a a un rôle d'autant plus important qu'il peut prononcer un rāhui, une interdiction temporaire, sur une ressource naturelle (bois, poissons, nourriture...) afin de les préserver. Exemple : interdire la pêche au thon, pour laisser aux poissons le temps de se reproduire.
- Les 'Arioi. Ce terme regroupe les danseurs, les conteurs et autres artistes un peu marginaux. Ils bénéficient d'un statut particulier qui leur permet d'être nourris et logés où qu'ils aillent. En échange, ils montent des spectacles pour la population dans lesquels ils évoquent les mythes et les exploits des Tupuna (les ancêtres). Ce sont les gardiens de la tradition orale, et ils jouissent d'une grande liberté (de parole, mais aussi sexuelle) au sein de la société.
Le reste de la société, qui constitue le bas de l'échelle sociale, est divisé entre les Ra'atira (la petite noblesse, les fermiers) et les Manahune (agriculteurs, pêcheurs, artisans...) qui forment une majorité profane.
Sous forme de schéma toujours :

En vert est représenté le Mana, le sacré...
J'espère que vous voyez déjà où je veux en venir... Je continue avec une troisième partie qui ravirait les Gwidrites...
Église, Syncrétisme et bouleversements :
L'arrivée des missionnaires et de la religion protestante (1797 pour Tahiti) va engendrer plusieurs changements dans la société polynésienne traditionnelle et l'harmonie entre Te Ao et Te Pō va être bouleversée.
En prêchant leur religion monothéiste, les missionnaires participent à une remise en cause de l'autorité du Ari'i, considéré comme un dieu vivant par les polynésiens jusque là. Afin de mieux installé leur religion, ils vont aussi interdire l'accès aux Marae, rendant impossible les différents cultes, les offrandes, les cérémonies funéraires, etc. qu'ils considèrent comme païens : le Tahu'a perds de son autorité. Quant aux 'Arioi, ils sont vu d'un mauvais œil par l’Église. Leur grande liberté sexuelle est assimilé à de l'hédonisme ou à de la sauvagerie, et leurs danses traditionnelles sont jugés indécentes et sont donc interdites.
Ainsi, la société polynésienne change et les liens entre les deux mondes disparaissent pour laisser place à la religion monothéiste. Les cultes ne sont plus pratiqué et la présence du Mana dans le monde humain s’amoindrit petit à petit. Les rites funéraires ne sont plus effectués selon la tradition et c'est ainsi qu'apparaissent les Tupapa'u (les fantômes) ; il s'agit en fait de l'âme errante des défunts qui ne peuvent pas rejoindre l'autre monde...

Les Ombres d'Otaheite ?
Si vous avez lu entre les lignes, je pense que vous avez trouvé les mêmes éléments de réponses que moi maintenant...
- La société traditionnelle polynésienne avec ses cultes et son respect de la nature sont très semblables à la tradition et aux cultes démorthén.
- Les missionnaires protestants ne sont pas sans rappeler ceux de la Grande Théocratie venu du Continent.
- Le "Mana" est aussi similaire au mystérieux "flux" extrait par les magientistes et adoré/respecté par les démorthén.
Voilà donc quelques correspondances :
Te Ao = Esteren
Te Pō = Corahn-Rin (l'Arbre-Vie)
Tahu'a = Demorthén
Marae = Cinthareid
Arioi = Bardes, Varigaux
Mana = flux ou "énergie fondamentale"
Missionaires = le Temple
Tupapa'u = Féondas
Et un dernier schéma pour finir (pfiou !) :

Des questions restent néanmoins toujours en suspend comme par exemple ce qui se trouve sur le continent, l'origine des Tarishs, l'Aergewin... et je dois maintenant entamer une nouvelle lecture du Livre 1 afin de vérifier/trouver d'autres informations que je partagerais ici. J'attends vos réactions et retours.