[Pavé] Le 8e Ogham Majeur - Spéculations
Publié : 28 avr. 2015, 10:39
Edition et mise à jour :
Le passage en mode créatif, avec une tentative de théorie du grand tout, sauce spirituelle, est en page 9 !
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Je propose ici une première lecture du monde, tel que je le conçois et esquisse quelques pistes pour "mes" Secrets, dans l'hypothèse où ce supplément tant attendu nous ferait encore patienter un petit peu...
1. Le langage de la création
Les Ombres d'Esteren propose un langage magique, matérialisé par les Oghams. Sept Oghams majeurs sont encore connus des Demorthen. Par ailleurs, on parle du second nom, révélé par un Demorthen à un jeune enfant, qui aurait les mêmes propriétés que le Vrai Nom (tel que développé dans Terremer, mais hérité d'un mythe récurrent, originellement babylonien, si ma mémoire est bonne).
Enfin, ces 7 majeurs se déclinent en une multitude de runes, plus précises, et donc plus restreintes.
De ces quelques éléments, on peut raisonnablement supposer que chaque être et chaque chose a un ogham qui le représente, essentiellement ou existentiellement. Du plus élémentaire (les 7) jusqu'au plus individuel (le nom d'un être singulier).
Ce langage est donc le Logos, le Verbe, la langue dans laquelle la création a été formulée initialement. Les 7 majeurs forment ainsi non seulement la base élémentaire du monde matériel, mais également leurs interactions possibles (l'eau éteint le feu, l'air est plus subtil que la terre, etc.).
L'ogham, en tant qu'écriture, capte l'idée, le concept, l'Eidos de ce qu'il représente. Il est le support matériel de la manifestation du "mot" qui est exactement le même mot que celui qui fut employé lors de la création du monde.
2. La création du monde
Au début était le verbe...
Au début était l'ombre...
Au début était l'énergie...
Les différents univers ne manquent pas de propositions sur ce qui précédait la création. Selon le choix opéré pour les Ombres d'Esteren, les conséquences ne sont pas exactement identiques.
Ainsi, si l'on pose qu'au commencement du monde, le verbe était présent, cela signifie concrètement que quelque chose préexiste au temps lui-même. Un créateur incréé, présent de toute éternité. C'est d'ailleurs la thèse monothéiste classique.
L'attribut de la création est d'avoir un commencement et une fin. Ce qui n'est pas le cas du créateur et qui le place donc d'emblée au-delà de la causalité.
Dès lors, la causalité devient la loi d'organisation de la création et tout ce qui découle de ce premier acte obéit à deux lois : ce qui commence a un fin, et toute chose est la conséquence d'une cause qui le précède, remontant ainsi jusqu'à cet acte initial.
Si l'on pose qu'au commencement était l'Ombre, l'Obscurité première, quelque chose de lumineux apparaît et la création peut commencer. Dans une telle optique, l'ogham de l'Ombre est un ogham majeur. Et le premier né parmi eux est celui qui fait de la lumière. Dans ces temps mythiques et comme les hommes peuvent l'expérimenter dans leur monde matériel, c'est le Feu qui présente intrinsèquement cette propriété.
Donc, l'Ombre, puis l'apparition du Feu, sont les premiers actes de la création.
Personnellement, j'aime bien cette idée, où Aiendal est l'aîné de la triade.
Mais il existe une autre façon de voir cette création, qui découle cette fois d'une science plus moderne et pourrait correspondre à des thèses magientistes qui vont tenter de représenter le fonctionnement du monde matériel comme un ensemble de processus impersonnels, c'est-à-dire ne dépendant que de lois objectives et non de volontés spirituelles.
Au début, il y a une grosse accumulation d'énergie, puis sa diffusion brutale. C'est-à-dire une grosse boule de feu qui explose dans du rien.
De fait, entre le Fiat Lux d'un créateur unique, la naissance brutale d'Aiendal et le big bang, il n'y a pas de différences et les trois racontent la même histoire. L'obscurité d'abord. Le feu ensuite.
Pour cette raison, dans "mes" Ombres d'Esteren, Aiendal est le premier-né.
3. L'essence et l'existence
Il est dit que seule la Triade est constituée de l'énergie essentielle, le Rindath.
Cela laisse entendre qu'Aiendal est d'une essence différente. Dans la mesure où il serait la première conscience advenue à l'existence (si l'on suppose que l'Ombre n'a pas de conscience, ce qui est loin d'être certain), c'est finalement assez logique.
En tant que Destructeur (et premièrement destructeur de l'harmonie infinie d'un univers uniquement constitué d'Obscurité), Aiendal est aussi le temps. Ce qu'exprime assez bien la phrase : "Il fait partie des cycles et assure leur perpétuation".
Autrement dit, c'est parce qu'il met fin à l'Obscurité pré-créationnelle qu'il en fait une créature (soumise à un commencement et à une fin). Du coup, Obscurité, comme entité pré-créationnelle, pourrait également créer Ombre, sa fille.
Alors, pourquoi je m'attache ainsi à placer un nouvel acteur dans cette histoire de grands esprits fondateurs ?
Parce que Ombre, peu perçue par les hommes, peut constituer un intervenant utile et pratique pour expliquer certains phénomènes, comme le basculement de Sniomh, par exemple. En intervenant dans l'ombre, Ombre est le point aveugle des mythes Demorthen et crée donc la possibilité d'un secret. Donc, introduire cet élément, c'est en garder sous le coude au moment où il faudra coller une rustine.
Si on parvenait à développer toute l'histoire sans y avoir recours, et bien, il suffit de dire qu'il n'y a pas d'Ombre. Mais si on se rate sur un point, ça fait un bon acteur pour ajouter une dimension et forcer à considérer un élément out-of-the-box.
L'énergie essentielle du monde est le Rindath. Soit.
Mais qu'en est-il du flux ?
Alors, pour moi, le flux est le support matériel de l'essence appelée Rindath.
Le flux, c'est le corps de Rindath. Le Rindath, c'est l'âme du flux.
L'âme au sens de anima, ce qui anime.
Le flux est donc appelé à circuler, il est mû par le Rindath. Comme le suggère son nom, flux, c'est un courant qui est consubstantiel de la vie, au sens où dans une telle acception, le rocher, la terre, le végétal, l'animal et la conscience sont des êtres vivants.
Unifier ces deux concepts (Rindath et flux) et les mettre en relation me paraît plus élégant que d'imaginer deux choses bien distinctes (le rasoir d'Occam, en fait).
Une remarque en passant, le flux circule. Le Rindath aussi. Il y a des cycles applicables à chaque créature (vie, mort). Donc on peut supposer des cycles d'amplitude temporelle plus importante (maritimes, météorologique, géologique, spirituel...)
Autre remarque, le flux circule. Donc, un flux immobilisé est un événement non-naturel. D'où la dégradation du flux extrait. Mais également la question du flux fossile.
Quand au flux émeraude, il pose plutôt la question de l'égalité devant la Création. Certains êtres comptent, créationnellement, plus que d'autres. Donc, certains arbres sont plus importants que d'autres. Selon cette hypothèse, il existe alors une hiérarchie invisible, mais réelle, qui ordonne tout l'univers.
4. L'au-delà
Il y a un point de rupture entre les Demorthen et le Temple sur le devenir post-mortem. Et ce n'est pas une paille.
Les Demorthen pensent que la conscience, l'âme, l'esprit d'un être se dissout, se désagrège, tout comme le fait le corps, pour rejoindre les courants essentiels.
La proposition de l'Unique est de préserver l'identité de la personne par-delà la mort.
Les fantômes et autres manifestations où la personnalité, plus ou moins complète, s'insuffle dans une chose (objets de pouvoir) ou un élément (air, eau, terre...), semblent indiquer qu'il est possible qu'un esprit "refuse" de se dissoudre dans le Rindath ambiant.
Mais de là à garantir les Limbes aux uns et le monde divin aux autres, il y a quand même un grand pas. Par ailleurs, cet Unique peine à trouver sa place dans la cosmogonie proposée par les traditions Demorthen. Pour autant, est-ce si irréductible ?
5. Plein de pistes à explorer...
Je n'ai pour l'instant que de fragiles esquisses à proposer :
- Soustraine est un prophète mystique. Il n'est pas un religieux. Comme le Christ n'était pas chrétien ou Marx n'était pas marxiste. De ce fait, il n'est pas impossible que le Temple n'ait pas repris, dans sa liturgie et ses six ordonnances, la totalité du message originel. On peut suppposer sans trop de peine que des "gens éclairés" aient pu considérer que le prosélytisme (la 3e ordonnance) était plus utile au Temple que l'observance du troisième commandement de Soustraine qui portait plutôt sur comment obtenir la Vérité par soi-même. (Ce qui est plutôt ce que la mystique propose : construire SA propre relation avec son créateur)
- Selon que l'on voudra donner raison ou tort au Temple, l'Unique est l'Obscurité ou un Créateur originel, dont l'acte de création fonde une chaîne de causalité qui va voir apparaître les esprits avec lesquels les Demorthen conversaient.
- La plupart des Demorthen sont déviés. On est là dans un thème classique où l'âge d'or est perdu, ce dont témoignent à la fois la perte du savoir (Lorn Rann) et le fait que beaucoup de Demorthen s'intéressent plus à soigner leur communauté, à donner des conseils, à enseigner des traditions qu'à être les garants du lien entre la Nature et les Hommes. Un pacte a probablement été passé entre ces esprits et les premiers peuples occupant cette péninsule. Mais seuls les esprits s'en souviennent.
- Sur le Corahn-Rinn, l'arbre multivers d'inspiration nordique, reprendre l'idée qu'un Niddhog empoisonne ses racines semble évidente. Le Nimheil est d'ailleurs décrit comme pouvant être attribué à une maladie du Corahn-Rinn.
- Autre piste, Corahn-Rinn existe vraiment, quelque part sur le continent. Il y a un arbre gigantesque qui plonge ses racines au coeur de la terre et dont les branches soutiennent le ciel. Ou alors, uniquement dans un monde allégorique, un plan des esprits, par exemple. Que la conscience humaine ne peut atteindre que par le songe...
- Autre piste, il n'y a jamais eu d'âge d'or Demorthen. Les esprits ont conféré une partie de leurs pouvoirs aux hommes durant l'aegerwyn. Et puis ils sont repartis. Ils obéissaient à une nécessité naturelle, inscrite dans les processus du monde, qui doit maintenir un certain équilibre. Toute cette histoire ne concerne pas les hommes, qui n'ont été que les exécutants de la partie concernant le monde matériel.
Bon, j'arrête là pour cette fois, mais y'a encore plein d'idées à venir (Qui est l'esprit du printemps ? Comment Ombre intervient dans cette histoire ? Comment Sniomh a-t-il chû ? Pourquoi leur colère ?)
Merci de votre patience
ps. Special Thanks à Arthus, qui m'a poussé à écrire ce truc, alors que j'ai un peu l'impression que tout a été dit sur le sujet.
Le passage en mode créatif, avec une tentative de théorie du grand tout, sauce spirituelle, est en page 9 !
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Je propose ici une première lecture du monde, tel que je le conçois et esquisse quelques pistes pour "mes" Secrets, dans l'hypothèse où ce supplément tant attendu nous ferait encore patienter un petit peu...
1. Le langage de la création
Les Ombres d'Esteren propose un langage magique, matérialisé par les Oghams. Sept Oghams majeurs sont encore connus des Demorthen. Par ailleurs, on parle du second nom, révélé par un Demorthen à un jeune enfant, qui aurait les mêmes propriétés que le Vrai Nom (tel que développé dans Terremer, mais hérité d'un mythe récurrent, originellement babylonien, si ma mémoire est bonne).
Enfin, ces 7 majeurs se déclinent en une multitude de runes, plus précises, et donc plus restreintes.
De ces quelques éléments, on peut raisonnablement supposer que chaque être et chaque chose a un ogham qui le représente, essentiellement ou existentiellement. Du plus élémentaire (les 7) jusqu'au plus individuel (le nom d'un être singulier).
Ce langage est donc le Logos, le Verbe, la langue dans laquelle la création a été formulée initialement. Les 7 majeurs forment ainsi non seulement la base élémentaire du monde matériel, mais également leurs interactions possibles (l'eau éteint le feu, l'air est plus subtil que la terre, etc.).
L'ogham, en tant qu'écriture, capte l'idée, le concept, l'Eidos de ce qu'il représente. Il est le support matériel de la manifestation du "mot" qui est exactement le même mot que celui qui fut employé lors de la création du monde.
2. La création du monde
Au début était le verbe...
Au début était l'ombre...
Au début était l'énergie...
Les différents univers ne manquent pas de propositions sur ce qui précédait la création. Selon le choix opéré pour les Ombres d'Esteren, les conséquences ne sont pas exactement identiques.
Ainsi, si l'on pose qu'au commencement du monde, le verbe était présent, cela signifie concrètement que quelque chose préexiste au temps lui-même. Un créateur incréé, présent de toute éternité. C'est d'ailleurs la thèse monothéiste classique.
L'attribut de la création est d'avoir un commencement et une fin. Ce qui n'est pas le cas du créateur et qui le place donc d'emblée au-delà de la causalité.
Dès lors, la causalité devient la loi d'organisation de la création et tout ce qui découle de ce premier acte obéit à deux lois : ce qui commence a un fin, et toute chose est la conséquence d'une cause qui le précède, remontant ainsi jusqu'à cet acte initial.
Si l'on pose qu'au commencement était l'Ombre, l'Obscurité première, quelque chose de lumineux apparaît et la création peut commencer. Dans une telle optique, l'ogham de l'Ombre est un ogham majeur. Et le premier né parmi eux est celui qui fait de la lumière. Dans ces temps mythiques et comme les hommes peuvent l'expérimenter dans leur monde matériel, c'est le Feu qui présente intrinsèquement cette propriété.
Donc, l'Ombre, puis l'apparition du Feu, sont les premiers actes de la création.
Personnellement, j'aime bien cette idée, où Aiendal est l'aîné de la triade.
Mais il existe une autre façon de voir cette création, qui découle cette fois d'une science plus moderne et pourrait correspondre à des thèses magientistes qui vont tenter de représenter le fonctionnement du monde matériel comme un ensemble de processus impersonnels, c'est-à-dire ne dépendant que de lois objectives et non de volontés spirituelles.
Au début, il y a une grosse accumulation d'énergie, puis sa diffusion brutale. C'est-à-dire une grosse boule de feu qui explose dans du rien.
De fait, entre le Fiat Lux d'un créateur unique, la naissance brutale d'Aiendal et le big bang, il n'y a pas de différences et les trois racontent la même histoire. L'obscurité d'abord. Le feu ensuite.
Pour cette raison, dans "mes" Ombres d'Esteren, Aiendal est le premier-né.
3. L'essence et l'existence
Il est dit que seule la Triade est constituée de l'énergie essentielle, le Rindath.
Cela laisse entendre qu'Aiendal est d'une essence différente. Dans la mesure où il serait la première conscience advenue à l'existence (si l'on suppose que l'Ombre n'a pas de conscience, ce qui est loin d'être certain), c'est finalement assez logique.
En tant que Destructeur (et premièrement destructeur de l'harmonie infinie d'un univers uniquement constitué d'Obscurité), Aiendal est aussi le temps. Ce qu'exprime assez bien la phrase : "Il fait partie des cycles et assure leur perpétuation".
Autrement dit, c'est parce qu'il met fin à l'Obscurité pré-créationnelle qu'il en fait une créature (soumise à un commencement et à une fin). Du coup, Obscurité, comme entité pré-créationnelle, pourrait également créer Ombre, sa fille.
Alors, pourquoi je m'attache ainsi à placer un nouvel acteur dans cette histoire de grands esprits fondateurs ?
Parce que Ombre, peu perçue par les hommes, peut constituer un intervenant utile et pratique pour expliquer certains phénomènes, comme le basculement de Sniomh, par exemple. En intervenant dans l'ombre, Ombre est le point aveugle des mythes Demorthen et crée donc la possibilité d'un secret. Donc, introduire cet élément, c'est en garder sous le coude au moment où il faudra coller une rustine.
Si on parvenait à développer toute l'histoire sans y avoir recours, et bien, il suffit de dire qu'il n'y a pas d'Ombre. Mais si on se rate sur un point, ça fait un bon acteur pour ajouter une dimension et forcer à considérer un élément out-of-the-box.
L'énergie essentielle du monde est le Rindath. Soit.
Mais qu'en est-il du flux ?
Alors, pour moi, le flux est le support matériel de l'essence appelée Rindath.
Le flux, c'est le corps de Rindath. Le Rindath, c'est l'âme du flux.
L'âme au sens de anima, ce qui anime.
Le flux est donc appelé à circuler, il est mû par le Rindath. Comme le suggère son nom, flux, c'est un courant qui est consubstantiel de la vie, au sens où dans une telle acception, le rocher, la terre, le végétal, l'animal et la conscience sont des êtres vivants.
Unifier ces deux concepts (Rindath et flux) et les mettre en relation me paraît plus élégant que d'imaginer deux choses bien distinctes (le rasoir d'Occam, en fait).
Une remarque en passant, le flux circule. Le Rindath aussi. Il y a des cycles applicables à chaque créature (vie, mort). Donc on peut supposer des cycles d'amplitude temporelle plus importante (maritimes, météorologique, géologique, spirituel...)
Autre remarque, le flux circule. Donc, un flux immobilisé est un événement non-naturel. D'où la dégradation du flux extrait. Mais également la question du flux fossile.
Quand au flux émeraude, il pose plutôt la question de l'égalité devant la Création. Certains êtres comptent, créationnellement, plus que d'autres. Donc, certains arbres sont plus importants que d'autres. Selon cette hypothèse, il existe alors une hiérarchie invisible, mais réelle, qui ordonne tout l'univers.
4. L'au-delà
Il y a un point de rupture entre les Demorthen et le Temple sur le devenir post-mortem. Et ce n'est pas une paille.
Les Demorthen pensent que la conscience, l'âme, l'esprit d'un être se dissout, se désagrège, tout comme le fait le corps, pour rejoindre les courants essentiels.
La proposition de l'Unique est de préserver l'identité de la personne par-delà la mort.
Les fantômes et autres manifestations où la personnalité, plus ou moins complète, s'insuffle dans une chose (objets de pouvoir) ou un élément (air, eau, terre...), semblent indiquer qu'il est possible qu'un esprit "refuse" de se dissoudre dans le Rindath ambiant.
Mais de là à garantir les Limbes aux uns et le monde divin aux autres, il y a quand même un grand pas. Par ailleurs, cet Unique peine à trouver sa place dans la cosmogonie proposée par les traditions Demorthen. Pour autant, est-ce si irréductible ?
5. Plein de pistes à explorer...
Je n'ai pour l'instant que de fragiles esquisses à proposer :
- Soustraine est un prophète mystique. Il n'est pas un religieux. Comme le Christ n'était pas chrétien ou Marx n'était pas marxiste. De ce fait, il n'est pas impossible que le Temple n'ait pas repris, dans sa liturgie et ses six ordonnances, la totalité du message originel. On peut suppposer sans trop de peine que des "gens éclairés" aient pu considérer que le prosélytisme (la 3e ordonnance) était plus utile au Temple que l'observance du troisième commandement de Soustraine qui portait plutôt sur comment obtenir la Vérité par soi-même. (Ce qui est plutôt ce que la mystique propose : construire SA propre relation avec son créateur)
- Selon que l'on voudra donner raison ou tort au Temple, l'Unique est l'Obscurité ou un Créateur originel, dont l'acte de création fonde une chaîne de causalité qui va voir apparaître les esprits avec lesquels les Demorthen conversaient.
- La plupart des Demorthen sont déviés. On est là dans un thème classique où l'âge d'or est perdu, ce dont témoignent à la fois la perte du savoir (Lorn Rann) et le fait que beaucoup de Demorthen s'intéressent plus à soigner leur communauté, à donner des conseils, à enseigner des traditions qu'à être les garants du lien entre la Nature et les Hommes. Un pacte a probablement été passé entre ces esprits et les premiers peuples occupant cette péninsule. Mais seuls les esprits s'en souviennent.
- Sur le Corahn-Rinn, l'arbre multivers d'inspiration nordique, reprendre l'idée qu'un Niddhog empoisonne ses racines semble évidente. Le Nimheil est d'ailleurs décrit comme pouvant être attribué à une maladie du Corahn-Rinn.
- Autre piste, Corahn-Rinn existe vraiment, quelque part sur le continent. Il y a un arbre gigantesque qui plonge ses racines au coeur de la terre et dont les branches soutiennent le ciel. Ou alors, uniquement dans un monde allégorique, un plan des esprits, par exemple. Que la conscience humaine ne peut atteindre que par le songe...
- Autre piste, il n'y a jamais eu d'âge d'or Demorthen. Les esprits ont conféré une partie de leurs pouvoirs aux hommes durant l'aegerwyn. Et puis ils sont repartis. Ils obéissaient à une nécessité naturelle, inscrite dans les processus du monde, qui doit maintenir un certain équilibre. Toute cette histoire ne concerne pas les hommes, qui n'ont été que les exécutants de la partie concernant le monde matériel.
Bon, j'arrête là pour cette fois, mais y'a encore plein d'idées à venir (Qui est l'esprit du printemps ? Comment Ombre intervient dans cette histoire ? Comment Sniomh a-t-il chû ? Pourquoi leur colère ?)
Merci de votre patience
ps. Special Thanks à Arthus, qui m'a poussé à écrire ce truc, alors que j'ai un peu l'impression que tout a été dit sur le sujet.
