Spéculations : l'espoir d'Esteren
Publié : 03 juin 2013, 16:31
Hello!
Suite à différentes spéculations présentes sur plusieurs sujets, et ayant conduit à la création de plusieurs théories (Iznurda, Bleys, Elwe, Pwyll, Pierstoval, Glass, moi-même), je me suis récemment rappelé d'un très ancien message de Pénombre (http://www.esteren.org/forum/posting.ph ... f=2&p=3840), auteur de la gamme fort prolixe, qui avait donné quelques pistes très intéressantes.
Voici le message (entier) :
Et si la solution à la plupart des maux de l'humanité consistait à purement et simplement laisser tomber toute forme de manipulation de l'immatériel? Donc laisser tomber le flux, la sorcellerie, le sigil rann et l'Unique et ses miracles?
Ce faisant, la corruption disparaîtrait, et les féonds/esprits maléfiques/objets de pouvoir/etc avec. Parce qu'au plus l'homme tenterait d'utiliser le surnaturel (en croyant en faire un outil), au plus le surnaturel aurait une prise sur lui, de manière néfaste. Parce que le surnaturel n'est pas fait pour l'homme.
Et accepter ça, c'est un peu renoncer au savoir, à la puissance, et à la position que l'humanité croyait occuper dans l'univers. C'est accepter que l'homme n'est rien, et que la vie n'a pas d'autre sens que celui qu'on lui donne.
Du coup, cette réflexion m'amène à la deuxième spéculation suivante : et si toutes les entités surnaturelles d'Esteren (Féonds, Unique, C'maoghs, esprits, etc) n'avaient qu'un seul "but" (conscient, inconscient ou "mécanique"): pousser les hommes à se servir du surnaturel, pour accroître leur emprise sur le monde matériel (ou tout simplement pour exister...)? En effet, le surnaturel n'existe peut-être que parce que l'homme y croit, et s'en sert...
Ce serait donc l'homme, et lui seul, qui aurait créé les féondas, les C'maoghs, l'Unique, et tout le reste... (peut-être parce que le "matériau spirituel" du monde est psychoréactif, comme le "fluide vital" de la bd Alef-Tau, qu'aime tant Elenyl...)
Suite à différentes spéculations présentes sur plusieurs sujets, et ayant conduit à la création de plusieurs théories (Iznurda, Bleys, Elwe, Pwyll, Pierstoval, Glass, moi-même), je me suis récemment rappelé d'un très ancien message de Pénombre (http://www.esteren.org/forum/posting.ph ... f=2&p=3840), auteur de la gamme fort prolixe, qui avait donné quelques pistes très intéressantes.
Voici le message (entier) :
En combinant ses réflexions à la théorie d'Iznurda, ainsi qu'aux réflextions sur le caractère "horrifique et gothique" de la théorie de Bleys (qu'il ne faut pas nécessairement avoir lu pour comprendre ce qui suit, je tiens à le préciser), j'en suis arrivé à l'hypothèse suivante (fort proche de celle d'Iz).Pénombre a écrit :En ce qui concerne le rapport science (magience) et gothique, les deux principales oeuvres qui nous ont inspiré sont, simplement, Frankenstein et Jekyll & Hide.
En ce qui concerne "coller aux règles d'un genre littéraire", je dirais... oui et non. Oui, dans le sens ou il y a des idées fortes que nous tentons de nous approprier à travers diverses évocations. Par exemple, la différence mais aussi l'évocation trouble d'une ressemblance entre les humains et certains feondas humanoïdes, à la fois incompréhensibles mais suffisamment familiers pour évoquer un reflet distordu de l'homme.
Autre exemple, le climat, presque toujours nuageux, voire pluvieux ou neigeux. Avec l'idée classique que trouver un refuge, c'est souvent se jeter dans de nouveaux ennuis.
On a aussi la problématique de l'opposition entre le surnaturel et la science, entre la volonté de l'homme d'expliquer toute chose et la présence de forces, voire d'une volonté, qui échappe à cette explication. Tu retrouves ça couramment dans la littérature gothique, avec des gens a priori rationnels mais qui sont souvent en train de douter, de croire à l'intervention du destin, voire du divin. Et avec toutes les problématiques qu'on peut imaginer dans le domaine de la sanction, du péché d'orgueil, etc. Quand l'homme se prend pour un démiurge et que ça lui revient en pleine figure. Là, on est en plein dans la magience.
Mais on ne s'est pas focalisé que sur ça. Le Temple, ça témoigne à la fois du besoin d'absolu de l'homme, d'un espoir sur la vie post-mortem et la destinée, mais aussi évidemment de l'intolérance, de l'obscurantisme. Quand aux demorthèn, ils incarnent fondamentalement la stagnation et le reniement de la dimension humaine, de cette capacité à transcender la nature, au nom d'un respect de l'environnement qui tient autant du bon sens que du dogme absurdement poussé à l'extrême.
Personne ne ressort grandi de tout ça, en fait. C'est ça, le "coeur gothique" de notre approche : chacun a de bonnes raisons de croire en ce qu'il croit, et des résultats pour aller dans son sens. Mais personne ne détient la vérité et tout le monde reste soumis aux caprices de forces qui demeurent cachées, ou dont on interprète de travers les manifestations. Les feondas en sont l'exemple le plus marquant, car après tout ce temps, on n'en sait toujours quasiment rien. Peut-être, aussi, parce qu'on fabrique ses propres réponses, au lieu de se poser les bonnes questions.
Car il y a bien un sens aux choses, une force qui pèse sur chacun, et des éléments qui permettent de s'en approcher. Mais découvrir ce sens dans son absolue vérité, c'est prendre le risque d'être broyé par une révélation simple : le monde n'existe pas pour l'homme, quelle que soit la manière dont il l'envisage, les croyances auxquelles il se rattache.
Et cette révélation mène à une autre problématique : il peut cependant y forger sa propre place, s'il accepte ces vérités et renonce à ses croyances pour mieux les régénérer. Mais quelle place, et comment ? Car il y a un espoir, mais avant de pouvoir le concrétiser, encore faudrait-il vraiment comprendre quel est le problème. Chaque grande faction détient une partie de la solution, mais chacune est aussi aveuglée par certaines choses. Si la vérité était sue de tous, certaines factions subiraient des transformations profondes, voire pourraient frôler la disparition... ou se reconstruire sur des bases quelque peu différentes. D'autres pourraient faire comme si de rien n'était, mais dans le fond, elles en seraient quand même très affectées en profondeur et de manière durable.
Là, on touche au sens profond du gothique : il existe des forces, des formes, des actions et des conséquences qui sont perceptibles, d'autres qui le sont moins, mais leur nature intrinsèque est de demeurer incontrôlables, voire inexplicables, et effrayantes. D'autant plus qu'elles prennent davantage de force quand on prétend les plier à ses croyances, les expliquer, les justifier. On peut appeler ça un hasard absurde, ou une mécanique infernale, ou le destin, ou dieu... ce ne sont que des mots, des concepts, qui ont leurs limites. Et l'homme est prisonnier de ces limites, donc, il subit ce qu'il pense expliquer car il se trompe. Voilà pour la dimension gothique : la fragilité de l'humain face à ce qui le dépasse, et les souffrances qu'il s'inflige en le niant. Mais il y a un espoir... et là, on arrive à autre chose.
Là, il faut aussi répondre "Non" à "collons nous à un genre littéraire" parce que justement, le jeu contrairement à la littérature met en scène les décisions des personnages, et elles ne sont pas sous le contrôle d'un auteur. Il ne s'agit donc pas d'amener les PJs à la folie, ou à une mort funeste. Nous ne sommes pas dans le gothique dans le sens ou comprendre ne signifie pas seulement devenir dingue, mais aussi découvrir la vraie nature de certaines choses. Donc, peut-être, se poser les bonnes questions. Et, qui sait... leur trouver une bonne réponse.
Comme je crois qu'on l'a dit dans le livre 1, il y a la révélation, il y a l'horreur, mais il y a aussi l'espoir. A ce niveau là, dans l'intéret d'une expérience de jeu amusante, l'horrifique ou le gothique ne sont que des outils, des guides, pas des finalités. La finalité, c'est de donner à un moment la possibilité aux joueurs de faire la différence. Ca peut constituer un axe de jeu majeur, ou se manifester en guide de conclusion ouverte à une campagne, mais ça doit rester présent dans notre travail.
On ne joue pas à Chtulhu, ou à Dark Heresy (deux jeux que j'aime bcp d'ailleurs). On est pas dans un contexte ou les jeux sont faits et ou l'impact des joueurs se limite à repousser ponctuellement l'inévitable.
Si un meneur se tourne vers cet aspect du monde, du jeu, ca sera un choix. Jusqu'à présent vous avez vu ce que nous appelons le niveau 1 du jeu. On espère dans un avenir proche vous dévoiler le niveau 2, et ensuite, vous ferez vos choix. Dans le cadre de ce niveau 2, il y a bien des possibilités de changer les choses en profondeur. Peut-être que ce sont les personnages qui pourront le faire. Ou peut-être qu'ils seront juste ceux qui donneront l'impulsion initiale, en guise de conclusion à une campagne. Et que leur legs à l'humanité d'Esteren sera simplement d'avoir offert la possibilité aux autres de trouver les bonnes réponses. Là, on vous laissera le maximum de liberté possible.
Mais du coup, on n'est plus du tout dans le gothique, ni l'horrifique, effectivement
Ce ne sont pas nos finalités, juste nos instruments.
Et si la solution à la plupart des maux de l'humanité consistait à purement et simplement laisser tomber toute forme de manipulation de l'immatériel? Donc laisser tomber le flux, la sorcellerie, le sigil rann et l'Unique et ses miracles?
Ce faisant, la corruption disparaîtrait, et les féonds/esprits maléfiques/objets de pouvoir/etc avec. Parce qu'au plus l'homme tenterait d'utiliser le surnaturel (en croyant en faire un outil), au plus le surnaturel aurait une prise sur lui, de manière néfaste. Parce que le surnaturel n'est pas fait pour l'homme.
Et accepter ça, c'est un peu renoncer au savoir, à la puissance, et à la position que l'humanité croyait occuper dans l'univers. C'est accepter que l'homme n'est rien, et que la vie n'a pas d'autre sens que celui qu'on lui donne.
Du coup, cette réflexion m'amène à la deuxième spéculation suivante : et si toutes les entités surnaturelles d'Esteren (Féonds, Unique, C'maoghs, esprits, etc) n'avaient qu'un seul "but" (conscient, inconscient ou "mécanique"): pousser les hommes à se servir du surnaturel, pour accroître leur emprise sur le monde matériel (ou tout simplement pour exister...)? En effet, le surnaturel n'existe peut-être que parce que l'homme y croit, et s'en sert...
Ce serait donc l'homme, et lui seul, qui aurait créé les féondas, les C'maoghs, l'Unique, et tout le reste... (peut-être parce que le "matériau spirituel" du monde est psychoréactif, comme le "fluide vital" de la bd Alef-Tau, qu'aime tant Elenyl...)