A moins que l'hôte lui-même ne se transforme lentement en féond... Ce qui me semblerait plus logique, dans cette optique (mutation plutôt que développement d'un parasite, parce que je vois mal la création d'un parasite ex nihilo).
Ou alors,
une horrible et douloureuse transformation du sang en flux pur, qui finit par tuer le magientiste à terme, notamment parce que le flux n'a pas les mêmes capacités et composantes que le sang (coagulation, transport d'oxygène et d'énergie, système immunitaire...). Toutefois, je ne suis pas très convaincu avec cette hypothèse-là non plus, car le livre de base spécifie bien que le liquide des mékônes peut prendre des couleurs très tranchées et bien distinctes, qui correspondent aux couleurs des quatres types de flux. Cela laisserait sous-entendre que du flux pur ou presque circulerait déjà dans le corps du magientiste, or si ce flux avait remplacé le sang, le magientiste devrait déjà être mort.
Cela dit, je suis pour l'instant toujours davantage convaincu par un système synthétique greffé par chirurgie.
D'une part parce que les mékônes ont l'air d'être un système bien maîtrisé, contrairement aux exemples d'empoisonnement et de mutation incontrôlables de "poison".
D'autre part parce qu'une telle vision (et là, c'est très personnel) me semble davantage coller avec l'image très technologique que je me fais des magientistes. Se greffer des implants expérimentaux en vue de faire des recherches sur les propriétés du Flux, d'améliorer leurs performances ou de permettre l'utilisation d'une nouvelle technologie (parce que moi, j'imagine les mékônes pourvus d'embouts qui permettent de les brancher à des appareils, ou de les remplir) me semble tout à fait aller dans le sens "dérives de la science" qui serait réellement propre à une frange extrême de cette faction.
De ce point de vue, voir les mékônes comme une conséquence naturelle de leur exposition au flux, similaire à un empoisonnement lent ou à une irradiation dans notre monde, me semblerait moins intéressant. En effet, une telle vision sonne davantage "démorthèn et féonds" que "magientiste" dans ma tête : on en revient à cette conception un peu écolo selon laquelle la nature toute-puissante "réagit" et "punit" ceux qui osent la défier.
Je trouve qu'une telle conception anéantirait une partie, voire la totalité de l'intérêt de la magience : c'est un peu dire que les magientistes peuvent bien tenter de faire tout ce qu'ils veulent pour contourner les lois naturelles, non seulement ils n'arriveront à rien, mais en plus ils s'en ramasseront plein la figure dès le départ parce qu'ils ont essayé de le faire.
A ce compte-là, mieux vaudrait être démorthèn ou Morcail : par comparaison, eux pourraient dépasser les lois de la nature sans trop en payer le prix (comparé aux mékônes s'entend), et pourraient se payer le luxe d'avoir raison sur le sens de la vie en prime.
En termes de mécanique de jeu, cela voudrait dire que l'évolution du personnage magientiste le conduirait à développer une sorte de malédiction qui l'affaiblira avant de le tuer, alors que le démorthèn du groupe qui suit son credo ne pourra que monter en sagesse et en puissance. A terme, le personnage magientiste sera une sorte de demi paralytique à moitié fou là où le démorthèn pourra guérir tous les poisons, commander aux animaux et faire tomber une pluie d'éclairs, et être le puits de sagesse qui a compris une partie de la Vérité (avec un grand V).
C'est d'ailleurs exactement ce qui ressort du passage cité par NdddN :
Cette vision dérangeante me fit pourtant sourire : je savais que mon ennemi souffrait du fait de cette présence intrusive et j’en connaissais la cause tandis que lui l’ignorait. Les daedemorthys croyaient que les mékônes étaient les symptômes de la maladie du progrès, telle qu’ils la nommaient ; ils devaient accepter d’en subir les effets dès lors qu’ils entraient dans les rangs de leurs curieuses écoles. Mais il était triste de penser que tous ignoraient qu’il s’agissait d’une punition et que celle-ci leur était administré par Mère la Vie elle-même.
Le message (un peu arrogant d'ailleurs) du narrateur est en effet très clairement "ah, le pauvre, comme il me fait pitié : il se trompe et ne le sait pas, ce qui causera sa perte... Alors que moi, je sais tout, j'ai raison, et je ne connaîtrai donc pas sa souffrance." Le genre de discours que pourrait d'ailleurs tenir un joueur vis-à-vis d'un autre à une table un tant soit peu compétitive. Pas cool.
Donc, scénaristiquement parlant, je ne suis pas super fan de la conception organique des mékônes, qui diminue selon moi énormément l'intérêt de la magience.
Mais ce n'est que mon avis, basé sur des préférences personnelles et non sur des indices objectifs...
Je me rends bien compte que mes préférences ne sont pas partagées par tous, et que j'ai sans doute objectivement tort! ^^