Grosse, très grosse refonte du texte... J'y ai intégré au mieux vos différentes idées, tout en laissant un maximum de portes ouvertes.
Une richesse peu exploitée
Qu'il s'agisse des Terres de Déas ou des autres lieux d'établissement des clans, les terres des Osags contiennent très souvent une large variété de minerais : étain, cuivre, or, argent ou fer peuvent en effet y être trouvés en quantités relativement importantes.
Malgré cette abondance, ces richesses naturelles sont pour la plupart inexploitées. D'anciens récits ainsi que certaines découvertes archéologiques semblent indiquer que les Osags ont exercé une activité minière par le passé, mais même si c'était vrai, cela fait longtemps que les clans n'extraient plus le métal des profondeurs de la terre. Ils semblent même éprouver un puissante crainte à l'idée de s'aventurer dans les entrailles de la péninsule à la recherche du précieux minerai.
Une crainte issue du passé
Si l'on en croit les vieilles histoires racontées par les bardes et les démorthèn de ce peuple, cette attitude trouverait son origine dans une série d'évènements très anciens, peut être même antérieurs à l'Aergewyn. Des légendes terrifiantes, évoquées du bout des lèvres au coin du feu, parlent de ceux qui se sont enfoncés dans l'obscurité froide des cavernes, en des temps si reculés que la mémoire des hommes peine à en conserver la trace. Elles racontent que, au plus profond de la terre, là où ne règnent que silence et ténèbres, là où murmurent les derniers rêves de divinités depuis longtemps tombées dans l'oubli, les hommes trop avides ont réveillé un mal sans âge.
Ces hommes périrent pratiquement tous lors du cauchemar sans fin que fut leur retour, une longue et effroyable errance sans air et sans lumière, peuplée des hurlements et des sanglots de ceux qui disparaissaient dans les ténèbres glacées. Quelques uns survécurent néanmoins, et parvinrent à rejoindre la surface, au prix de terribles blessures physiques et mentales.
Malheureusement, ils ne revinrent pas seuls, et ramenèrent avec eux la malédiction qu'ils avaient tiré de son sommeil intemporel. Une ère de désespoir, de douleur et de destruction commença alors, qui ne s'acheva qu'au terme de longues années de mort et de souffrance, ne laissant dans son triste sillage que les larmes amères versées sur ce qui avait été perdu à jamais.
La véracité de ces récits n'a jamais pu être formellement confirmée ou infirmée, même si leur présence et leur cohérence au sein de toutes les peuplades Osag de la péninsule semblent indiquer qu'une partie au moins des évènements qui y sont décrits ont réellement eu lieu.
Une théorie moderne et rationnelle
La question fait par ailleurs l'objet de débats passionnés au sein des cercles d'érudits des trois royaumes, qui ont développé de nombreuses théories sur le sujet. La théorie la plus audacieuse du moment avance l'hypothèse selon laquelle ces légendes seraient en réalité inspirées par une série de facteurs complexes et rationnels.
D'après ses partisans, avant que ne survienne l'unification de Tri-Kazel par les trois frères, la société Osag aurait connu un fonctionnement différent de celui que l'on connaît aujourd'hui. Selon ce modèle, les communautés Osag occupaient alors la quasi-totalité de la péninsule, et se divisaient en clans dominants, composés majoritairement de guerriers, et en clans tributaires, composés pour la plupart d'éleveurs et d'agriculteurs. Ces derniers étaient le plus souvent clients des puissants clans guerriers, à qui ils devaient payer un tribut en nourriture et en matières premières en échange de leur protection. L'extraction du métal était alors l'un des travaux les plus pénibles et les plus dégradants qui soient, et elle était souvent confiée à une main d’œuvre asservie, la plupart du temps un clan vaincu ou particulièrement pauvre.
Lorsque les trois frères, par ailleurs issus de l'aristocratie de l'un des plus puissants clans guerriers de l'époque, fondèrent les trois royaumes et imposèrent la féodalité comme nouveau modèle social, ils ne firent en réalité qu'étendre l'ancien système de clientélisme clanique à l'ensemble des populations de la péninsule. Les clans vaincus vinrent ainsi grossir les rangs des clans tributaires, qui assimilèrent rapidement et facilement ce nouvel ordre, si proche de ce qu'ils avaient déjà connu pendant des siècles. L'unification eut peu à peu raison de leurs cultures et de leurs langues, et ils ne formèrent bientôt plus qu'un seul peuple, qui avait perdu la plus grande part de son identité originelle.
Les clans guerriers qui avaient eu la force de résister comprirent qu'ils ne pourraient pas remporter la victoire, et décidèrent quant à eux de se retirer dans les territoires sauvages situés aux confins des trois royaumes nouvellement créés. Ils purent ainsi préserver leur indépendance et leur culture, car les trois frères, sachant leurs royaumes naissants fragiles, privilégièrent la négociation à une longue guerre d'usure au coût effroyablement élevé en vies humaines et en ressources. Toutefois, la perte de la plupart de leurs «clients» au profit des royaumes déstabilisa complètement leur économie, ce qui les poussa à terme à revoir en profondeur leur structure, pour aboutir au modèle égalitaire qui existe actuellement.
Dans cette nouvelle société Osag, passionnément éprise de liberté et farouchement attachée à son indépendance, le travail de la mine devint bientôt le symbole du joug imposé par les royaumes, et de la destruction des traditions ancestrales qui l'accompagnait. Cette idée fut abondamment propagée par les démorthèn et les bardes, qui enrichirent leurs récits d'éléments issus du folklore traditionnel, tels que les féondas et l'Aergewyn, dans un but essentiellement symbolique.
Cette dimension symbolique aurait été lentement oubliée au cours des siècles, et les récits actuels ne seraient ainsi que le résultat de déformations successives mêlées de superstitions et de craintes actuelles, à l'instar des féondas supposés hanter les Failles Hurlantes dans les Terres de Déas.
Inutile de dire que, toute rationnelle qu'elle soit, cette théorie n'a pas vraiment la faveur des actuels clans Osags, forts susceptibles lorsqu'il s'agit de remettre en question leurs croyances ou leur mode de vie. Celui qui s'y risque a en effet de grandes chances de connaître une fin aussi rapide que brutale, des mains de ceux qu'il essayait de convaincre.
Ce danger n'empêche toutefois pas érudits, magientistes et archéologues de financer sporadiquement des expéditions en terre Osag dans le but de percer le mystère de ces récits. Ils espèrent prouver ainsi le bien-fondé de leurs théories, sans succès jusqu'à présent.
Des transactions difficiles
A côté de ces expéditions à vocation scientifique, les terres Osag attirent régulièrement des groupes de prospecteurs et d'aventuriers, qui espèrent pouvoir mettre la main sur les richesses minérales qui dorment dans le sous-sol inexploité des territoires claniques.
Les fiers Osags voient d'un très mauvais oeil de telles incursions sur leurs terres, et les prospecteurs qui désirent s'établir doivent faire preuve d'une grande diplomatie et être prêts à consentir des compensations élevés s'ils désirent éviter un conflit. De telles tractations ne sont par ailleurs possibles qu'avec les clans les plus progressistes, situés pour la plupart à la bordure de la frontière qui sépare les territoires Osags des royaumes.
Les communautés les plus traditionnalistes, quant à elles, ont pour la plupart élevé l'interdiction de fouiller la terre à la recherche de métal au rang de tabou sacré, dont la transgression est purement et simplement punie de mort. Elles craignent en effet que ceux qui s'y aventurent ne réveillent une nouvelle fois la malédiction décrite dans les récits du passé, apportant malheur et destruction à l'ensemble de la péninsule.
Plus d'une expédition venue des royaumes s'est ainsi heurtée aux populations locales pour avoir voulu exploiter les richesses naturelles de leurs territoires sans leur autorisation. Certaines disparaissent même purement et simplement sans laisser de trace, et lorsque cela arrive, personne ne doute du sort funeste qu'ils ont connu au mains des Osags en colère, ou d'autres créatures se tapissant dans les lieux les plus obscurs de ces terres sauvages.
Les apports en minerai
En raison de cette opposition farouche au travail de la mine, le principal apport des Osags en matière de minerais et de pièces métalliques provient donc de l'extérieur, principalement du commerce, du mercenariat, des razzias ou des armes récupérées sur le corps des vaincus sur le champ de bataille.
Ces apports sont complétés par l'exploitation des rares gisements minéraux qui affleurent au niveau du sol, mais de tels sites sont rares et convoités, et se tarissent souvent bien vite.
Le travail du métal
Les forgerons et orfèvres osags sont très renommés pour la qualité et la finesse de leurs produits, principalement des bijoux ou des armes. L’entretien des lames, la confection d’ornements inspirés des symboles claniques sont leurs principales attributions, mais seuls quelques maîtres ont le droit de travailler des objets sacrés tels que les torques.
Cette expertise est probablement une conséquence directe de la crainte des Osag à l'égard des exploitations minières. Puisqu'ils ne disposent de métal qu'en quantités limitées, la perfection du travail de la forge ou de l'orfèvrerie s'impose comme une nécessité : tout échec dans le façonnement d'un objet s'accompagne d'une perte irrécupérable de ce métal si précieux.
Par ailleurs, les croyances Osag veulent qu'un objet, même le plus anodin, se charge de l'histoire et de la symbolique que ses propriétaires successifs ont bien voulu lui donner. Lorsque le temps est venu pour un tel objet d'être fondu à nouveau pour être transformé, cette opération est toujours effectuée avec le plus grand respect par le forgeron. Il essaie ainsi de conserver au mieux l'identité de l'objet précédent, en l'enrichissant de l'identité de sa nouvelle création, qui doit encore écrire son histoire.
Le culte des armes ancestrales, ces épées, haches et lances transmises de génération en génération et portant l'empreinte de tous les ancêtres les ayant maniées, vient probablement de cette conception teintée de sacré du travail du métal.
Ces connaissances poussées en métallurgie détenues par les forgerons et les orfèvres Osags sont dans une moindre mesure partagées par les guerriers, qui savent apprécier le travail fourni pour obtenir une arme de qualité. Il n’est pas recommandé de vendre à un Osag une lame de fer de piètre facture, car il viendra généralement la rendre au vendeur en la lui plantant quelque part au travers du corps. "C’est le fourreau qui convient à une mauvaise lame" est un proverbe osag très connu, et particulièrement craint des camelots des royaumes.
Les autres artisanats
Ce qui est vrai pour la forge l’est aussi, dans une certaine mesure, pour les autres artisanats. L’économie osag dépend assez largement des ventes de bétail, de cuir et du mercenariat à l’extérieur, et ramener de ses voyages des objets précieux ou des matières travaillables est un facteur de prestige. Les artisans des duchés voisins connaissent les goûts des Osags et fabriquent des produits en conséquence.