Ah ben voilà, j’ai loupé la visite de la légende ! Honneur à toi, Pwyll l’incommensurable ouvreur de voies, tel un Thot égyptien
Voilà qui est très motivant !
Donc, nouvelle mouture, qui se fonde résolument sur l’hypothèse suivante : quand bien même les différentes publications officielles précisent que toutes les informations ne sont pas vraies, je fais l’hypothèse que la majorité d’entre elles le sont.
Autrement dit, plutôt que de douter de 75% d’informations vraies, je préfère ne pas douter des 25% qui seront fausses. Plus le taux de vérité augmente, plus cette stratégie est valide. Et je suis d’un naturel optimiste et confiant dans l’intervention de Nel dans cette discussion.
[Certains commentaires ne sont pas nécessaires dans le récit, mais ils sont l’équivalent de mes notes de bas de page. Sauf mention contraire, toutes les tentatives de traduction utilisent le gaëlique écossais, parfois ancien]
Voici donc ma nouvelle proposition :
Les feondas ont une double origine. Ce qui explique que certains d’entre eux se combattaient lors de l’Aegerwyn.
Dans les temps anciens, les Demorthen apprennent les usages des Oghams, créés par Roimh. Parmi ces usages, le Liadh est une forme de communication avec les esprits environnants, qui réagissent peu à la parole. Les initiés parviennent à se faire comprendre des C’maoghs, comme si ceux-ci sondaient l’esprit du Demorthen.
[Il faut garder à l’esprit que les Demorthen considèrent que leurs sanctuaires sont les lieux où naissent les C’maoghs (cinthareid). Donc, soit ils repèrent ces lieux et en font des lieux sacrés ; soit ils créent ces lieux pour permettre à l’écosystème spirituel de se renouveler.]
[L’Ogham majeur de Vie, s’il peut être utilisé en tout lieu de Creag, semble impliquer une omniprésence de la conscience de Corahn-Rinn. Faute de cette capacité de perception très étendue, on pourrait avoir des lieux où cet Ogham, ou d’autres, ne fonctionneraient pas, du fait de l’absence de capacité de réponse des esprits, soit qu’ils soient absents du lieu, soient qu’ils soient incapables de percevoir le Demorthen manipulant son Ogham]
« Mais, il existe un autre moyen » (p144).
Cet autre moyen, c’est l’Oradh (qui signifie prière) et qui suggère une forme de communication plus directe, où l’on émet clairement une demande, alors qu’il y a une forme d’humilité, de soumission dans le Liadh.
Argmàld, le funeste, semble être le premier morcail. Est-il inspiré par son propre désir de puissance ou passe-t-il un pacte avec Aingeal ? Mystère.
[Arg, Champion, Chef, Màld est l’ancien nom d’une chaîne de montagne des highlands en écosse/ Creag signifiant Rocher, mais aussi Montagne, on peut se demander si ce nom est juste de la vantardise, ou s’il signifie quelque chose de l’importance politique qu’il pouvait avoir parmi les Demorthen…]
[Mor, grand. Cail, désir, appétit.]
A l’aide de l’Oradh, il corrompt un esprit de grande puissance, l’Esprit du Printemps, qui chute et devient Sniomh, le Ver, le Fouisseur chtonien, l’Enfoui, le Serpent, le Dragon…
Le déséquilibre provoqué est considérable.
Les Demorthen disposaient d’une capacité à créer des Drein, gardiens redoutés des sites les plus sacrés, via le sacrifice humain et son inhumation avec un masque de corde, qui était tressé en fonction des attributs qui seraient conférés au Drein lors de sa renaissance.
L’Aothbàs est sans doute une manifestation de la puissance réincarnatrice, matrice des feondas, qui vient chercher les morts qui lui ont été consacrés. La dalle de pierre et la couche de sable sont les isolants. Cela suggerèrait que deux dangers guettent le mort, l'un venant du dessous, l'autre du dessus. L'aothbàs, donc, pour au moins l'un des deux.
[Drein ne signifie pas visage, mais grimace. Cependant cette « erreur » de traduction donne une définition moins « péjorative » des dreins. Ils sont la « face », le « masque », le « visage » des protecteurs de la nature]
C’est ainsi qu’il existe encore aujourd’hui des Feondas issus de cet ancien pacte et qui semblent avoir une raison bien plus développée que ceux qui ne sont, basiquement, que des créatures nés du désir de Vengeance de Sniomh, abusé par Argmald (On peut notamment penser à Patience d’If).
L’apogée de ces dérapages sera connu sous le nom d’Aegerwin.
Plusieurs cercles de pierres (liagcal) ont une influence mystique qui « rayonne » bien au-delà de leur localisation, comme le prouve le stermerk que les varigaux utilisent pour le signaler. Ils scellent une situation d’équilibre retrouvé, après que le monde a frôlé l’apocalypse.
[Pierres Brisées ; Comhlan ; Fairean Ear ; Alignements de Tursal. La question d’un cinquième Liagcal, central, a déjà été posée. Géographiquement, le col d’Oerdh et le castel d’Aodreth sont le point le plus proche du lieu où se croisent les lignes]
A l’issue de l’Aegerwin, Argmàld a été abattu. Mais le déséquilibre est tel que les Feondas subsistent, puisque Sniomh, désormais reclus sous la terre (peut-être même prisonnier au fond du gouffre carmin) est animé d’une inextinguible soif de vengeance.
On a donc plusieurs types de Feondas, mais qu’il s’agisse de gardiens de lieux anciennement sacrés, ou de créatures exclusivement mues par le désir de tuer des humains, du point de vue des humains qui les croisent, on peut comprendre que la différence paraisse subtile…
Cet épisode est « la chute » des Demorthen. A partir de ce moment, lentement, mais sûrement, ils vont connaître un déclin qui semble inexorable.
Le temps passe.
Puis le Culte de l’Unique et la Magience arrivent. Il a déjà été remarqué combien ces deux arrivées sont proches l’une de l’autre et, à l’échelle de l’histoire de la péninsule, on pourrait les considérer comme simultanées.
Flux et Rindath sont deux aspects (matériel / spirituel) d’une même essence. Ce qui est important dans le « flux » est qu’il est en mouvement. C’est une sève qui traverse toute la création et qui l’anime d’un mouvement.
Le flux fossile, ou Nimheil, est une corruption du flux. Les C’maoghs le fuient. Il est lié à Sniomh.
[Sur ce dernier point, les illustrations Voyages, p31 et Dearg Ep. 2, p43 sont assez parlantes, quoique j’aurai préféré, pour être certain du recoupement, que le contenant figure un peu mieux une cartouche de flux…]
La pollution issue des opérations magientistes provoque des mutations dont les effets sont assez proches de ceux des transformations féondes, à ceci près que l’agressivité des mutants est indistinctement dirigée vers tout intrus, et non seulement envers les humains.
Or, cette pollution est produite lorsque l’on extrait le flux. Le résidu, s’il est pollué, l’est, soit par nature (ce qui n’est pas flux est pollution), soit par imperfection du procédé d’extraction (qui laisse la partie polluée du flux, ce qui signifierait alors que toute chose porte en elle un soupçon de pollution), soit par adjonction de produits destinés à assurer l'extraction (auquel cas, c’est le procédé lui-même qui est polluant, ce qui affilierait la magience à Sniomh, mais ce n'est pas l'hypothèse que je retiens).
La magience est donc à la fois un problème (elle amène un déséquilibre susceptible de reproduire les conditions d’émergence d’un nouveau cycle apocalyptique) mais également une possible solution. En effet, comme indiqué dans les sources, une avancée spectaculaire pourrait être de parvenir à neutraliser les émanations de pollution de l’extraction et de l’usage du flux.
En y parvenant, il deviendrait possible d’ouvrir une voie de recherche vers une alchimie curative pouvant redonner sa pleine santé à l’arbre-vie. La magience contient ainsi, comme toute science, destruction et guérison en elle.
Concernant le culte de l’Unique, la quête des fragments de lumière n’est pas un arrangement local avec les textes originels. C’est la raison de la venue du culte dans la péninsule. Après avoir longuement cherché (Soustraine, -503, Jamian, 713), le culte finit par admettre que le seul lieu où cette quête pourra espérer trouver une conclusion est Tri-Kazel.
Son pouvoir vis-à-vis des Feondas est avéré (protection des églises, ou des fidèles priant (c’est-à-dire formulant un oradh à l’unique ?), observation du lien entre émotions et feondas, miracle de purification).
Cependant, la destruction du liagcal du nord pose une vraie question sur la compréhension que le Temple a des phénomènes à l’œuvre… Peut-être est-ce un signe de l’avènement d’un nouvel aegerwin, où ceux qui seraient à l’honneur seraient les élus de l’Unique ?
Quoiqu’il en soit, conscients ou inconscients des futures conséquences de leurs actes, les croyants viennent s’opposer à Aingeal (si l’on souscrit à l’opposition feu / gel). Or justement, j’ai du mal à situer le rôle d’Aingeal dans ces différentes hypothèses.
Sur un mode « cycles et répétitions de l’histoire », les Tarish pourraient avoir été les agents de la destabilisation du monde ancien (ArgMàld, roi de la bohème ?) tout comme les nouveaux arrivants continentaux de ce cycle pourraient provoquer la fin de cet âge, voire la fin tout court. Bon, ce serait une histoire qui donnerait raison à tous les xénophobes, mais pourquoi pas
Quelques gros éléments d'incomplétude
Faute d’informations et d’imagination, je ne trouve pas réellement de rôle à Aingeal, mais bon, au moins je l’écris correctement. Dans l’idée où il précède la triade et où il est d’une nature différente, son côté « maléfique » n’est guère évident à mettre en lumière. On ne sait rien sur les raisons de sa colère… Après tout, s’il est le feu, igné par nature, difficile de croire qu’il a le choix de son humeur.
S’il incarne la destruction, la mort, la fin de tout existant, il n’est pas en soi « mauvais ». Et les débats demorthen, sur le sujet, semblent indiquer que ce serait plutôt la position des traditionnalistes.
Faute de mieux, je conserve également l’hypothèse nordiste sur l’arbre-vie et le serpent qui empoisonne ses racines. Elle est claire et simple. Même si les implications sont nombreuses.
Il y a probablement un monde des esprits qui jouxte le monde matériel et qui est le territoire des songes, des prémonitions et qu’explorent les Rusemorts. Ce territoire est il la zone transitoire entre le séjour des morts et le monde de la vie ? Si tel est le cas, difficile de savoir de quoi il est le reflet. Je ne souscris pas aux thèses développées dans l’incroyable feu d’artifice pwyllesque lorsqu’il suppose qu’il s’agirait de Creag-Saoghal-Glas.
Concernant l’Unique, je ne statue pas. Et d’ailleurs, je pense que Secrets ne statuera pas non plus. L'hypothèse d'une déviation à partir d'une révélation mystique semble suffisamment intéressante pour n'avoir pas à décréter que l'Unique est un usurpateur, disqualifiant ainsi 1/3 des personnages du monde.