Gneuhm, bon, sinon, plus sérieusement...
J'arrive un peu tard, mais je voulais rebondir sur certaines considérations importantes qui ont été faites ici (et qui mériteraient peut-être un sujet à part...) :
Fafi06 a écrit :
Je pense que beaucoup attendaient de savoir si la souscription serait valide pour, au cas où, pouvoir se reporter sur la version américaine, mais ne pas souscrire aux 2 versions.
Peut-être du coup, s'il n'y a pas dans le futur une seule plateforme commune, faudrait-il prévoir que la souscription kickstarter soit disponible un peu plus longtemps que la souscription ullule (genre 1 semaine). Cela permettrait aux français inquiets de pouvoir souscrire ullule normalement et de pouvoir reporter leur mise/pledge sur le kickstarter en cas d'arrêt du projet (et donc de remboursement de la souscription...)
Personnellement, n'en déplaise aux américains, bien sûr que je préfère l'avoir en français, mais à défaut, je l'aurais probablement pris en anglais...
Cela rejoint un autre commentaire lu sur ce sujet, dans lequel le souscripteur potentiel parlait de souscrire au kickstarter "même s'il aurait préféré l'édition française", parce que l'édition US était déjà financée et avait en outre débloqué de beaux boni (dont des inédits en français).
Personnellement, je trouve que c'est une très mauvaise idée, parce qu'elle pourrait conduire à la dégradation, voire à l'arrêt de la gamme française à long terme.
Le raisonnement est simple : un tel mécanisme aura pour effet d'accentuer la migration de souscripteurs francophones sur Kickstarter, ce qui rendra la réussite des campagnes Ulule encore plus incertaine, et plombera potentiellement le résultat d'une éventuelle campagne réussie.
Si plusieurs campagnes Ulule ratent suite à ce mécanisme, cela pourrait pousser les auteurs à s'interroger sur la pertinence de ces campagnes francophones. Et si elles disparaissent, il ne restera alors plus que les campagnes anglophones, ce qui creusera d'autant plus l'écart de qualité entre les deux versions (couvertures souples simples d'un côté, éditions collector de la mort qui tue avec plein de contenu additionnel de l'autre).
A terme, cela rajouterait de l'eau au moulin de ceux qui disent que les anglophones sont privilégiés (ce qui est erroné actuellement), ce qui pourrait conduire à un désintéressement de la gamme par le public francophone. Et ce serait le début de la fin de la gamme francophone, voire de la gamme tout court (puisque les auteurs sont tout de même français à la base, je doute qu'ils aient la même motivation qu'actuellement s'il s'agissait de produire une gamme exclusivement anglophone)...
Donc, selon moi ce raisonnement (encourager la migration vers kickstarter, soit par sécurité, soit par attrait d'un contenu plus important) est dommageable à terme pour la gamme.
Par ailleurs, il passe selon moi à côté de l'essence de cette campagne Ulule : les deux buts étaient d'aider les auteurs à se professionnaliser, et d'augmenter la qualité globale de la gamme française en boutique.
Pas de financer une édition collector avec plein de goodies, ni de financer une sortie.
Si la campagne Ulule avait été un échec, les trois livres et le CD proposés seraient tout de même sortis en magasin, mais avec une qualité moindre. Et la réussite d'une campagne US n'aurait sans doute rien changé à cela.
Les souscripteurs francophones ne doivent donc pas être "inquiets", ils auraient de toute façon eu l'opportunité d'acheter ce contenu en boutique plus tard, mais en version beaucoup moins classe.
Et cela aurait sans doute été un coup très dur au moral de l'équipe, ce qui ne serait pas à négliger.
Ethilon a écrit :Peut-être faire plusieurs petites campagnes Ulule (une tous les 3 mois par exemple), avec plusieurs nouveaux produits... Et une seule grosse campagne Kickstarter ?
Je ne pense pas que ce soit une bonne idée non plus, pour les raisons d'essouflement soulignées par d'autres intervenants : pour prendre un exemple très concret, ma non-participation à la campagne Tuath tient autant au fait que j'aie déjà le bouquin qu'au fait qu'elle a enchaîné la campagne pour la réédition de voyages. J'ai quand même participé à l'effort de guerre en achetant la version collector de la Rose noire, mais je ne l'ai fait que maintenant, dans la foulée de ce nouvel ulule.
Or, étant un fan de cette gamme, je me dis que si je fais ce genre de raisonnement, la plupart de ceux qui ne suivent pas la gamme de près le feront aussi. Peut-être même avec une certaine dose d'irritation et le sentiment d'être pris pour des vaches à lait, même si ce n'était pas le but des auteurs.
Ethilon a écrit :
Les souscripteurs précédents participeront probablement aux petits achats, mais il faut de nouveaux participants pour les souscriptions élevées.
Donc il faudra soit opter pour de plus petites campagnes, soit trouver des canaux de communication permettant de trouver de nouveaux fans.
Je trouve que c'est une excellente idée, d'ailleurs la comparaison constante avec Conan au cours de cette campagne (même si elle n'est pas toujours pertinente : oui, Conan fait une campagne en deux langues, mais ils n'ont pas autant de choses à proposer, l'objectif de leur financement n'est pas le même, et il n'y a pas forcément la même asymétrie de distribution chez eux -en gros, pour le contenu francophone il y a un réseau boutique avec un distributeur dédié (Iello), alors que le seul canal de distribution des contenus anglophones, c'est Kickstarter et le Esteren tour...) me semble prouver la pertinence de cette réflexion.
Je crois que les auteurs réfléchissent là-dessus actuellement, vu certains commentaires de Nel.
Ethilon a écrit :Une autre idée qui me vient à l'esprit :
Il serait intéressant (et probablement facile à financer)
d'identifier des supports/idées/objets qui concerneraient directement les joueurs, et moins les meneurs (l'idée des paperblanks par exemple, les daols aussi) pour que le porte monnaie des meneurs souffre un peu moins... Et que les joueurs puisse faire d'avantage partie du financement de cette aventure
Je ne suis pas certain que cela fonctionne : pour ma part, j'ai toujours eu l'impression qu'à une table, le meneur est un peu le fournisseur là où les joueurs sont généralement consommateurs. Ce qui implique qu'il arrive fréquemment que ce soit le meneur qui fournisse dés, feuilles de personnages, aides de jeu et autres. L'inverse n'est jamais vrai : je ne connais aucun meneur (sauf dans les jeux de rôle avec meneur tournant ou les cas où un joueur habituel s'essaye à la masterisation) qui se fasse prêter son matériel par ses joueurs...
Enfin, et cela a été dit dans les commentaires de la campagne, u
ne question intéressante à se poser pour les prochaines fois concerne les moments où la campagne débute et se termine.
Ici, clairement, elle a débuté après la période des cadeaux (paie tombe mi-décembre, le portefeuille se vide avant le 24, avec une réticence à effectuer des dépenses supplémentaires après ce mois cher), et se termine avant les paies de janvier.
Il aurait été plus judicieux selon moi de décaler la campagne de deux ou trois semaines, afin de laisser aux souscripteurs potentiels le temps de digérer l'orgie financière des fêtes de fin d'année (et de rendre plus facile le fameux facteur WAP), et de bénéficier de l'effet "la paie est tombée". Une telle campagne débutée vers fin janvier-début février aurait été idéale : fêtes de fin d'année digérées, on commence avec une paie (fin janvier, sans oublier que certaines primes tombent à ce moment-là), et on termine avec une paie (fin février, qui est un mois court). De plus, cela aurait donné autant de temps à l'équipe pour avancer dans le peaufinage du livre, ce qui aurait réduit l'écart entre la souscription et la livraison (= image positive pour la gamme).