Re-hello!
Je tri-post, parce que je pense avoir ENFIN réussi à résumer de manière cohérente ma vision du système de magie démorthèn (oghams maudits inclus), avec en bonus des implications concrètes en jeu!!!
Voici donc cette théorie synthétisée, simplifiée et centralisée dans ce topic (puisque des morceaux de cette vision traînent dans ce sujet, dans le sujet "secrets pwyllesques" et dans le sujet "langues et secrets")
Voilà, je suis arrivé au bout, et pense avoir été enfin clair et synthétique!!!1) La magie démorthèn : communication avec le spirituel
Selon ma vision, la magie démorthèn consiste à lier matériel et spirituel, de manière à ce que le spirituel ait un effet dans le monde matériel.
Traduit en terme (trop) simplistes : je pense à un éclair, et un éclair apparaît.
La difficulté de cet art réside dans le mode de communication utilisé par les démorthèn : puisqu'ils doivent au départ communiquer de manière purement spirituelle, il leur faut un "langage" purement spirituel...
En prenant comme prédicat que les C'Maogh existent, on peut légitimement supposer que ce sont de purs esprits, qui ne perçoivent pas le monde de la même manière que les êtres humains. Il en découle que les langages humains, faits de sons et servant avant tout à décrire les choses d'un point de vue matériel, ne les atteignent pas. Par contre, ils seront très réceptifs aux pensées, aux émotions et aux sentiments (purement spirituels).
Pour prendre un exemple basique (donc clair), le mot "feu" risquera d'être assez peu parlant pour eux. Par contre, ils vous comprendront nettement mieux si vous êtes capable d'évoquer en pensée les notions de lumière et de chaleur.
NOTE : Il est à noter que le même mécanisme pourrait s'appliquer si d'aventure les secrets nous révélaient que les C'maogh n'existaient pas.
Dans ce cas, cette théorie serait que c'est la pensée elle-même qui "façonne" des morceaux du monde spirituel, dont elle est partie intégrante. Et au mieux la pensée sera exprimée, au plus précis sera l'effet obtenu.
2) Pensée, parole, écrit, symbole
Dans ce schéma, la pensée sera plus efficace que la parole, qui sera elle-même plus efficace que l'écrit. Le symbole occupe une place à part dans cette vision.
- la pensée : est le plus pur, le plus immédiat et le plus complet des vecteurs avec le spirituel. Elle est universelle.
- la parole : est vivante (puisqu'elle s'exprime en même temps que la pensée, et évolue avec le temps), et elle permet d'exprimer des émotions (timbre et volume de la voix, etc). Par contre, elle n'est jamais complète (des émotions peuvent ne pas passer, des quiproquos peuvent exister car les interlocuteurs percevront les choses différemment, il est possible de mentir, etc), et est limitée par le langage utilisé (certains termes n'existent pas ou ont une autre signification d'une langue à l'autre, etc).
- l'écriture : est le vecteur le moins puissant. C'est la "pensée morte", durable mais imparfaite. Elle ne permet pas d'exprimer pleinement une émotion, et est limitée aussi bien par le langage utilisé que par le temps, avec lequel elle n'évolue pas. (allez comprendre actuellement ce qu'a exactement ressenti un gaulois qui a écrit un texte en latin il y a 2000 ans, alors que le latin n'est pas sa langue d'origine, que son mode de pensée vous est étranger, et que vous ne connaissez pratiquement rien de sa vie ou du contexte immédiat dans lequel il a vécu...).
- Le symbole : occupe une place à part. C'est un dessin, et il peut de ce fait se rapprocher de l'écriture, donc du matériel. Par contre, contrairement à l'écriture, le symbole a une signification en soi, nettement plus proche du spirituel.
En s'interrogeant sur les multiples sens et interprétations d'un symbole, il est possible de récréer avec soi-même un processus bien plus proche de la pensée pure que de ceux de la parole ou de l'écriture.
Pour résumer avec des exemples simples :
- Si vous pouviez communiquer avec votre voisin en lui transmettant votre pensée et vos émotions, vous obtiendriez un modèle de communication absolue. (la pensée)
- si vous lui parlez, alors vous communiquerez avec lui de façon moins directe que la pensée (possibilité de mentir, quiproquos...), mais plus directe que l'écriture, car vous et votre interlocuteur vivez à la même époque, et les signaux non verbaux seront perçus.
- Si vous écrivez un texte, il y a de fortes chances pour que celui qui vous lise dans 500 ans n'arrive pas vraiment à vous comprendre totalement. Forcément, il ne connait pas votre vie, n'a pas vécu à votre époque, ne parle pas forcément la même langue, etc.
- Enfin, regarder un symbole peut amener à une réflexion poussée mêlant émotions et significations. Exemple :ce smiley représente un visage qui sourit, mais exprime le sentiment "heureux". De plus, il est de couleur jaune, une couleur chaude qui accentue le côté "joyeux" et "bien être" qu'il dégage. Pourtant, si on y réfléchit bien, ce ne sont à la base que deux points et la lettre D majuscule...
3) Liadh, Lorn Rann, Sigil Rann, oghams
Donc, dans ce schéma :
Liadh = conceptualisation pure, communication directe avec le monde spirituel par la pensée
Lorn Rann = Créer un symbole écrit, mélange de matériel et de spirituel, et le faire de manière suffisamment subtile et correcte pour que celui qui cherchera à l'interpréter par la suite spécule dans la bonne direction. On comprendra pourquoi cet art s'est perdu, et pourquoi les oghams majeurs sont très difficiles à réaliser...
Sigil Rann = se casser la tête sur les multiples significations du symbole écrit par un mec dont on ne sait rien il y a 2000 ans. De cette façon, on reproduit imparfaitement un schéma de pensée proche du Liadh.
Ogham = symbole écrit par un mec maîtrisant le Liadh et le Lorn Rann il y a 2000 ans, sur lequel pourront se casser la tête des centaines de générations de démorthèn...
Ogham maudit = une petite partie de la personnalité du Morcail s'est "fixée" dans l'ogham, le transformant en objet de pouvoir. Cela force le futur utilisateur à interpréter inconsciemment le symbole présent sur le caillou comme le Morcail le faisait.
4) implications concrètes sur le système de jeu
On en arrive au plus intéressant... Concrètement, cette vision colle parfaitement à la manière dont le Sigil Rann se comporte en jeu. En effet, le livre de base ne comporte aucun sort précis, mais bien une liste non exhaustive de concepts pouvant être utilisés à l'envi par le joueur (avec accord de son Mj, bien sûr).
Donc, très concrètement, un Pj qui maîtrise bien l'ogham brouillard (voire qui possède l'art du Liadh, et a concentré son étude sur le concept de "brouillard") peut parfaitement lancer un sort de confusion mentale, s'il le justifie en faisant appel aux aspects de désorientation, de peur (éventuellement), ou de froid engourdissant du brouillard pour "embrumer" l'esprit de sa cible.