Perso, je ne suis pas parmi les initiateurs du projet, que j’ai rejoint en cours de route. Je n’ai donc que mes propres références à proposer, qui ont influencé ou influencent encore mon travail. Je ne mentionne que celles qui n’ont pas déjà été indiquées.
*Inspi roman : l'armure de vengeance, de Serge Brussolo
Ca se passe au moyen-âge, avec une sombre histoire d'armure faite par un forgeron surdoué. Elle est réputée assurer à son porteur la victoire et le protéger des coups les plus terribles. Un jeune écuyer parcourt les foires et la loue à divers chevaliers, pour un tournoi ou une bataille, même si personne ne l'a jamais achetée. Car on prétend que nombreux sont ses anciens porteurs qui sont morts de mort violente, et certains disent que l'armure pourrait parfois s'animer seule, et copier tous les gestes meurtriers qu'on lui fit faire en la portant. On la convoite, mais on la craint aussi.
Un chevalier errant se retrouve impliqué dans le sort de l'armure à la suite d'un crime terrible, et il va s'efforcer de démêler le vrai du faux, ainsi que de découvrir si l'armure est ou non marquée par un maléfice.
C'est cru, c'est pas bucolique, c'est pas du tout fantasy (en fait, c'est un roman policier médiéval) et les révélations jusqu'au vrai coupable sont bien amenées, avec de jolis revirements. Brussolo a écrit un autre bouquin qui implique le même héros avant cette aventure, ça s'appelle "le chateau des poisons" et ça me tente bien de le lire. Donc, une bonne source d'inspi pour une enquête classique avec un vernis de fantastique apparent dans un univers médiéval frustre, dépourvu de réelle grandeur et ou abondent égoïsme, superstition et intolérance.
C'est chez Le Livre de Poche, collection policier.
*Inspi film : Solomon Kane
Adaptation d'un cycle de nouvelles de Robert Howard (le créateur de Conan), Solomon Kane dépeint les aventures d'un puritain anglais au 16ème siècle, un homme fanatique, persuadé d'être chargé d'une mission divine de purification, qui va traquer partout le mal et la sorcellerie (car là, elle est tout à fait réelle). Le personnage austère et intraitable, dévoué à protéger l'innocent et à affronter le mal est en fait le précurseur des répurgateurs de warhammer et autres icônes inquisitoriales à grand chapeau et cape noire de la fantasy moderne.
Le film n'est pas spécialement fidèle aux nouvelles, mais on passe un bon moment et le personnage principal est correctement campé. Après des années d'absence, il a quitté le domaine familial à la suite d'une querelle des plus terribles aux conséquences assez dramatiques, Solomon s'en revient en Angleterre et découvre que les choses ont bien changé en son absence, puisqu'un puissant conquérant, visiblement capable d'asservir ses captifs en les transformant en monstres, s'est emparé du chateau et des terres de sa famille.
L'intéret de Solomon Kane, à part le côté film d'action pas trop prise de tête, c'est que l'image est plutôt belle et l'ambiance assez bien restituée. Le climat est celui d'Esteren, les gens sont plein de préjugés et y a le côté fantasy, aussi. C'est bien, dans le low-fantasy, de pas oublier la fantasy
*inspi romans : les royaumes d'épine et d'os, de Gregory Keyes
Une quadrilogie dans un univers médiéval-fantastique.
Les humains ont longtemps été asservis à une race terrible, qu'ils ont fini par supplanter, menée par une héroine qui devint la première reine de leur nouveau pays. Mais le dernier de leurs ennemis a prophétisé la fin de la domination humaine. Bien des générations plus tard, la dernière descendance de la reine originelle se retrouve avec sa famille embarquée dans une suite d'évènements qui menacent son trône, son royaume et la survie même de l'humanité. Alors que dans la sombre forêt, une entité immémoriale et redoutée, incarnation de la nature primale, le Roi de Bruyère, s'éveille et s'en prend aux hommes, d'autres forces occultes ou ouvertes agissent également pour faire avancer leurs plans.
Le premier intérêt de ce cycle, c'est les personnages, plusieurs d'entres eux constituant d'excellents archétypes pour Esteren. On a entres autres une princesse, un spadassin des villes, le chevalier fils d'un clan rural, un forestier, un jeune écclésiastique érudit et plein de préjugés. Mention spéciale pour le jeune chevalier et le forestier, très bien campés. L’ecclésiastique est pas mal, aussi.
Le second intérêt, c'est le jeu des apparences : on comprend rapidement qui est le principal problème, mais on ignore vraiment pourquoi et surtout, certains "problèmes" ne sont pas forcément ce qu'on imagine, ou ne font que réagir à d'autres actes plus discrets. Un certain quota de révélations en perspective, donc.
C'est chez Presse pocket.
* Inspi ciné : Outlander
A la base, je dois dire que le pitch ne me convainquait pas vraiment, à savoir : un vaisseau s'écrase sur terre aux alentours de l'an 1000, chez les vikings. A son bord, un alien méchant tout plein et monstrueux, et un humain qui est déterminé à le trucider
Alors quand on sait que c'est sorti direct en DVD, on peut s'attendre au pire, a priori. J'imaginais un remake de Beowulf. Ben non :
- d'abord, mise en scène sympa, ambiance nocturne très cool (parce que le vilain monstre, il attaque pas le village viking n'importe nawak) et personnages plutôt bien joués par les acteurs. Les visuels de la créature, en particulier quand on ne voit que des parties de son corps dans la nuit, sont vraiment sympa.
- ensuite, ambiguité des persos : ils ne sont pas toujours ce que l'on attend de leur caricature et par ailleurs, le monstre lui-même a - à sa manière - des raisons tout à fait compréhensibles d'agir comme il le fait. Les gentils et les méchants tiennent leur place, mais en fait, ils ne sont pas totalement si gentils ou méchants que ça de leur propre point de vue.
- surtout, ambiance de village de vikings qui n'ont pas froid aux yeux, rudes et tout ça, mais qui n'en mènent pas trop large face à un "dragon" aussi malin qu'eux, qui rode alentours et tue sans prévenir.
Un bon film de divertissement, sans prétention mais ou on a vraiment pas l'impression d'être pris pour un crétin de consommateur. Les acteurs tiennent leur rôle de manière convenable, les scènes sont majoritairement bien tournées et l'ambiance bien rendue.
* Par ailleurs :
- il y a les vieux classiques : Frankenstein par exemple, pour les histoires de savants fous. Edgar Poe, et l’ami HPL, aussi, ne sont que rarement exploités directement, mais ils ont façonné notre travail : personnages vulnérables, univers a priori sobre dissimulant des choses sombres, déboires et infortunes qui peuvent résulter aussi bien du surnaturel que des tendances et pulsions humaines (je pense à des trucs comme « la barrique d’amontillado » ou « le chat noir » chez Poe et les nouvelles comme « la couleur tombée du ciel » et « l’abomination de Dunwich » chez Lovecraft).
- au niveau jeux informatiques, j’aurais tendance à mettre en avant plutôt des trucs comme The Witcher ou Dragon Age : Origins, avec des ambiances assez sombres et adultes, souvent pessimistes et des graphiques plutôt sobres… au lieu des WoW et Neverwinter 2 qui sont bien plus fantasy à paillettes (encore que dans les trucs officiels de Neverwinter 2, la campagne Mask of the Betrayer a indéniablement des côtés qui rappellent la littérature gothique et est empreinte de choix en demi-teintes et de personnages avec leur poids à porter…).
- au niveau animation japonaise, Princesse Mononoke est un truc assez incontournable en termes de balises pour mon travail. Au moins autant que Nausicaa, mais Mononoke a l’avantage d’être plus proche d’un univers médiéval/renaissance que Nausicaa et son monde post-apo à l’environnement déjanté.
- en termes d’inspirations rôlistiques, il y a de quoi touiller ses neurones avec Warhammer, et certains univers D&D (Ravenloft principalement), ainsi évidemment que Chtulhu. Sauf que nous sommes attachés à ce que les streums soient moins présents en Esteren que le Chaos à Warhammer ou les créatures du mythe à Chtulhu.