@Elwe
Nous n'accordons pas la même importance aux faits. Si je comprends bien ta remarque, pour toi, un fait, c'est quelque chose d'absolument établi, presque scientifiquement parlant, indépendant de celui qui l'accomplit.
Dans cet ordre d'idée : les demorthen font de la magie. C'est un fait, ça, non ?
Ou bien peut-être ne sont-ils que des psioniques ? Ou alors un gène extra-terrestre ?
Ce genre de fait peut toujours être questionné, n'est-ce pas ?
Pour ma part, j'entreprends une approche qui tente de proposer l'hypothèse d'une loi simple qui gouvernerait le monde. C'est un parti pris. Un peu comme un axiome qui suit la discussion d'à-côté (sur les déceptions et les révélations) dans lequel j'ai crû comprendre que certains attendaient ce type de système, portant sur quelques lois simples (éléments, interactions, opérations) presque sous une forme algébrique.
En revanche, pour y parvenir, je n'aborde pas la question en ne parlant que des faits objectifs. J'y ajoute une approche des phénomènes tels que les vivent les personnes.
C'est par exemple la raison pour laquelle je tente d'écrire sur la création du monde selon les trois points de vue. Chacun de ces récits est un peu différent des autres, dans ses implications, mais la régularité me conduit à poser l'hypothèse que dans le mythe Demorthen, il y a une forme d'impératif logique à considérer Aingeal (et non dal, merci Arthus), comme l'aîné.
Pour résumer à gros traits, quand tu approches une musique du moyen-orient, par exemple, tu as deux possibilités :
- soit tu enregistres, tu analyses les ondes produites et tu définis ainsi un certain registre, un certain timbre, un certain rythme, et tu peux faire cela pour chaque note. A la fin, tu as étudié des faits, mais tu ne sais pas ce qu'est cette musique...
- soit tu écoutes, tu échanges avec les interprêtes, tu leur demandes dans quel cadre ils jouent cette musique, et les émotions qu'elle provoque chez eux. A la fin, tu n'as étudié aucun fait, que des phénomènes, mais tu commences à comprendre ce qu'est cette musique. Son rôle. A quoi elle sert. Pourquoi on la joue. Et d'où elle vient.
C'est ce type d'approche ethnologique qui me semble adéquate pour tenter de comprendre ce qui, selon Arthus, seraient les vérités d'hier enfouies sous quelques siècles et lues à travers le prisme de nos idées d'aujourd'hui.
Parce que je mobilise cette approche, il y a une part de créativité, d'extrapolation, d'imagination qui entre en jeu dans les interprétations que je fais de tel ou tel événement.
Tout cela n'est guère rigoureux, je te l'accorde à 200%. S'il s'agissait vraiment de mener une recherche, je préfèrerai de loin passer deux ans dans un clan Osag : le matériau obtenu serait sûrement plus fiable qu'en lisant 15 lignes, ou 2 mots, dans un livre qui parle d'eux
Mais pour autant, je ne suis pas sûr que mesurer la constante de Planck ou la distance entre Esteren et son étoile nous renseigneraient plus sur les vérités du monde. Pourtant, ça, ce sont des faits.