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Re: PJ Demorthen

Publié : 14 déc. 2010, 16:20
par samuel
Jormugandr a écrit :Sur la manière que les demorthen ont de traiter avec leurs aprentis et les gens qui les entourent, un passage du livre Univers laisse entendre que ce n'est pas toujours très sympathique: quand le Demorthen se rend compte que son apprentis s'est détourné de son enseignement et s'est laissé allé à d'autres activités dont, justement, aider au mieux sa communauté, le demorthen n'hésite pas à faire appel aux C'maogh pour le tuer
Je pense que tu fais référence à l'histoire conté, mais son interprétation est différente pour moi.

Je pense pour ma part que le problème viens d'un mensonge du Ionnthen envers son maître. Ce dernier a senti une traitrîse de la part de son élève et l'a puni de la pire manière qui soit. Mais ça n'empêche pas le jeune d'avoir pendant l'absence du maître d'avoir été de bon conseil pour la communauté.

Re: PJ Demorthen

Publié : 15 déc. 2010, 10:55
par Jormugandr
Pour revenir sur ce que dit Pénombre:

Le respect de la nature et les besoins humains ne sont pas forcémment à l'opposé....

Certains récits du livre me paraissent excessifs à ce niveau, notamment celui que j'évoquais déjà, où un Demorthen est outré parce que la communauté du coin a déffriché un bout de forêt pour renforcer ses défenses.... Et le pain que mange le Demorthen, ça le dérange pas qu'il vienne du blé cultivé dans un champs ayant probablement remplacé une forêt? Ou que ses fringues soient faite de matière textile ou de peaux qui viennent directement d'une exploitation de la nature??? On le voit dans les civilisations primitives de notre monde: vivre en harmonie avec la nature, ce n'est pas ne pas y toucher (ils contruisent des maisons avec du bois, prélève ce dont ils ont besoin), c'est en faire partie en veillant à respecter les cycles et les lois qui les régissent...

Dans la savanne, un lion qui butte une antilope, il modifie l'équilibre du troupeau, mais ne prélève que ce dont il a besoin. Et même si il n'en a pas conscience, ce prélèvement fait partie des cylces qui permettent à la nature de garder un certain équilibre (qui certes, se modifie lentement sur de grandes échelles de temps)... Pour l'homme "moderne", lui aurait plutôt tendance à flinguer tout le troupeau pour ne prélever que la langue.... Et au bout de 50 ans, plus rien...

Et c'est comme cela que je vois la philosophie Demorthen: il ne s'agit pas de vouloir que l'homme vive dans d'atroces conditions tout ça pour ne pas avoir à toucher à la nature (ça c'est ridicule, l'homme fait partie de la nature...), mais qu'il vive en la respectant et en gardant sa place en son sein...

Car en effet, l'homme n'a pas les griffes et la puissance d'un lion, et aura forcémment besoin de modifier son environemment pour vivre et survivre, mais ça ne veut pas dire qu'il ne le respecte pas.

Parce que les avancées magientistes, c'est certes très humaniste, très facile aussi (il n'y a qu'à voir comme le confort matériel asservit l'être humain), mais elles ont besoin de flux.... Ca va bien tant que c'est confinné aux grandes villes... Mais si un jour ça se généralise dans tout Tri Kazel.... Que tout les habitants de la péninsule accèdent au confort promis par les magientistes, que du coup ils se multiplient de plus en plus, et qu'à chaque génération, de plus en plus de flux soit nécessaire, que se passera-t-il? Bah au bout d'un moment, ils butteront tout le troupeau.... y aura plus rien... Et là, humaniste ou pas, progressiste ou pas, la magience aura plongé Tri Kazel dans la misère. D'ailleurs, la description du Continent laisse penser que le pays des magientistes est quelque peu désertique...

C'est très proche des enjeux environementaux de notre monde....

Mais je le redis un coup pour finir: vivre en harmonie avec la nature et la respecter ne veut pas dire vivre en esclave d'elle sans y toucher. Même les populations animistes (très respectueuses de la nature, elles pensent que chaque chose est dôtée d'une âme) se servent de la nature pour leurs besoins quotidiens...

Re: PJ Demorthen

Publié : 15 déc. 2010, 11:26
par Pénombre
Tu viens d'illustrer par l'exemple ce que je disais précédemment : il n'y a pas de vision synthétique, unanime, que les demorthèn auraient de leur rôle et de comment le mener à bien.

Ca n'est pas parce qu'un demorthèn porte une cape en laine tissée qu'il va forcément accepter un métier mécanique, sans parler d'un métier à tisser magientiste... mais on pourrait très bien avoir plusieurs cas comme ceci :
- un demorthèn qui dise "je ne porte aucun vêtement tissé, car je n'accepte pas d'animaux d'élevage. Nous devons rester des chasseurs et des cueilleurs, ne rien cultiver ni élever. Je tue des animaux sauvages pour me nourrir et j'utilise leur peau et leur fourrure pour me vétir".

- un autre demorthèn qui dira "On peut élever des animaux pour survivre, mais ils ne doivent pas servir à s'enrichir ou à obtenir l'ascendant sur la communauté. Je ne porte que les vêtements que je tisse moi-même, car c'est à chacun dans la mesure du possible d'être responsable directement de l'usage qu'il fait des dons de la nature".

- alors qu'un troisième dira "tout est justifié, si on le fait de manière respectueuse et sans chercher à abuser de ce qu'on peut obtenir. Il faut faire preuve de frugalité, mais il est normal qu'on élève des animaux et qu'on cultive de quoi manger. Une fois la laine tondue du mouton, la manière dont elle est tissée doit être faite selon une façon traditionnelle, qui respecte les rites"

- et un quatrième pourrait même dire "peu importe comment la laine est tissée, la question n'est pas de savoir si j'emploie un métier à main, ou mécanique. La question est de savoir si utiliser le Flux qui détruit la nature pour alimenter un métier est une bonne chose. De même, la question est de savoir à quel point certaines cultures sont nécessaires. Et c'est à nous de veiller à ce que cette question reste présente dans l'esprit des gens".

Lequel des quatre est le "meilleur demorthèn" ? Je doute qu'on obtienne 10 réponses identiques si on fait un sondage.

Par ailleurs, nombre de gens qui ont une philosophie distinguent différents niveaux de mise en pratique, surtout quand il y a une notion de prêtres, d'intercesseurs ou de guides en jeu.

Un demorthèn peut très bien refuser de manger de la viande d'élevage par exemple, parce que selon lui il faut éviter d'élever des animaux, mais admettre que d'autres soient obligés de le faire, parce qu'il est difficile d'appliquer collectivement des restrictions personnelles. Ca ne me semble pas plus illogique que de dire "croissez et multipliez, c'est un commandement divin, mais nous prêtres catholiques ne prenons pas épouse et n'avons pas d'enfants".

Le demorthèn peut très bien se mettre en valeur en ayant une pratique exemplaire, rigoureuse, d'un corpus de croyances que les autres vivent plus pragmatiquement. Il sert de modèle vers lequel tendre, pas forcément de modèle à suivre bêtement.

D'une façon générale, c'est souvent parce que cela amène le pratiquant à renoncer du coup à certaines formes de satisfaction, de confort, de prospérité, parce qu'il va plus loin que les autres dans la pratique, qu'il en obtient un statut à part, d'être "initié", de "guide", de référent en fait.