Les nuances (qui s'appliquent également à Esteren) sont les suivantes :
Séparation matériel/spirituel
- les mondes matériel et spirituel ne sont pas séparés, mais coexistent. Les êtres humains ne sont cependant pas capables de le percevoir, car ils n'ont pas les sens pour (tout comme nous n'entendons pas les ultrasons ou ne voyons pas les ultraviolets, par exemple).
"Entremonde"
- il existe par contre bel et bien un "mélange entre les deux", qui forme un monde à part, appelé Tammen Varr (littéralement "voie du chêne"). Grosso modo, il s'agit d'une sorte de "plan" changeant dans lequel le temps et l'espace n'ont pas la même signification. Seule une personne initiée aux secrets du Tammen Varr (il s'agit en fait d'un cerain état d'esprit combiné à une volonté consciente de se lier "magiquement" au Tammen Varr) peut en ouvrir les portes, mais il est tout à fait possible que des non initiés puissent y entrer "par hasard" (mais c'est exceptionnel), ou accompagnés d'un guide.
Dans Armuir, le Tammen Varr est le plus grand secret des Värer (les Varigaux d'Esteren). Il a été corrompu par des évènements cataclysmiques il y a bien longtemps, et partiellement scellé (il est possible d'y accéder, mais l'emprunter ne permettra dans la majorité des cas pas de quitter l'île). Bien sûr, tout le monde a oublié cette histoire, et les "sceaux" ont commencé à faiblir... (Dans Esteren, ces "sceaux" pourraient être entre autres les quatre cercles de pierre dont j'ai oublié le nom, dont celui de Gwidre qui a été détruit).
Nature des féondas
- les féondas ne sont pas les habitants d'un "monde spirituel". On pourrait plutôt dire que la "déchirure" peut être comparée à un foyer de maladie qui contamine tout ce qui est à portée. Ainsi, les féondas seraient simplement des animeaux/plantes/humains/mix ignoble des trois atteints de maladie.
Origine de la corruption
- la corruption est liée à un déséquilibre, pas à un acte malfaisant. La nuance est importante. Un viol, par exemple, pourra provoquer l'apparition d'un fantôme vengeur (qui aura donc rejoint le monde spirituel mais tentera par tous les moyens de nuire dans le monde matériel), il n'y aura pas déchirure pour autant. Par contre, un Morcail qui utilise régulièrement plus de Rindath que ce que "l'équilibre" permet sera bel et bien source de corruption à terme.
Nature de l'"Unique"
- Tant qu'à faire, l'"Unique" d'Armuir, qui se nomme Beith (ou Olemus), n'a aucune vocation au monothéisme (Et dans Armuir, ce point est très clair, contrairement au Temple d'Esteren). Il est simplement l'incarnation de l'unité ultime qui unit l'humanité à elle-même, mais également aux mondes matériel et spirituel. Ceux qui suivent son dogme (appelé "Religion Daïnite") sont les champions de l'humanité, mais aussi de toute la création contre la corruption engendrée par les "déséquilibres".
Traduit dans Esteren, cela pourrait s'appliquer au Temple, et signifier que le véritable nom de l'entité que vénèrent les templistes n'est pas l'"Unique", mais "l'Unité". Dans ce cas, ils feraient sans le savoir fausse route en voyant le culte de l'Unique comme un monothéisme, ce qui pourrait avoir des conséquences tragiques et désastreuses par la suite. (Admirez l'ironie : le troupeau massacré par ses propres bergers qui sont tragiquement convaincus de bien faire).
Nature et historique de l'"Aergewin"
- Et enfin tant que j'y suis, autant expliquer la nature de "l'aergewin" dans Armuir.
En fait, cet épisode de l'histoire a eu lieu il y a plusieurs milliers d'annéessur un autre continent, et est intimement lié à l'apparition des "Heera". Ces individus étaient l'équivalent d'Alchimistes-mages qui utilisaient la Materia (le Flux d'esteren, qui n'est pas exactement la même chose que le Rindath) en l'ingérant, ce qui leur donnait le pouvoir de contrôler la réalité.
Grosso modo, un démorthèn (Filid dans Armuir) "accompagne" et "oriente" le cycle naturel via ses pouvoirs. Il est toutefois limité par les lois de la nature et de la réàlité pour ce faire. Un Morcail/Bréin fait pareil, sauf qu'il puise plus d'énergie, ce qui provoque un -léger- déséquilibre. Un Heera, lui, s'affranchit complètement de ces lois pour faire ce qu'il veut. Il peut par exemple créer un éclair à partir de ses mains, ce que ne peut faire un démorthèn (filidh). En réalité, la materia est l'essence même de la réalité (tant spirituelle que matérielle), là où le Rindath n'est qu'une "énergie" issue du monde spirituel.
En utilisant ses oghams, un démorthèn/filidh va simplement créer un lien entre spirituel et matériel qui permettra au spirituel d'avoir des effets dans le monde matériel (d'ailleurs, les démorthèn sont des "liens" vivants entre les deux. Si mes souvenirs sont exacts, Nelyhann avait d'ailleurs expressément fait référence à cette théorie dans un autre topic...). Un Heera, lui, va arracher brutalement l'essence même de la réalité pour se l'injecter, ce qui lui permettra de remodeler cette réalité à sa guise (avec la même considération qu'un maître cruel a pour l'esclave qu'il méprise et voit comme un simple outil).
C'est l'apparition des Heera et la corruption du culte Daïnite (= le Temple), qui ont à terme provoqué "l'Aergewin" d'Armuir, et la destruction du continent originel (qui s'appelle Aslinn dans Armuir).
Grosso modo, cet "aergewin" fut une combinaison cauchemardesque de cataclysmes naturels (explosion de volcan comme celle de l'Ile de Santorin, séismes, raz de marées, ...), d'attaques de féondas, de corruption de la nature et de folie de l'humanité (qui se mit à s'entredéchirer en régressant au stde de bêtes sauvages).
Les Värer de cette époque guidèrent les rares survivants qui prônaient encore l'équilibre (dont les derniers Daïnites encore fidèles à leur credo, que l'on pourrait raprocher de la Rose Blanche d'Esteren) à travers le Tammen Varr vers l'île d'Armuir. Au cours du voyage, ils furent poursuivis par les Heera devenus des entités quasi divines, par les sauvages fou-furieux qu'étaient devenus les autres humains, par les féondas et par la corruption progressive du Tammen Varr, qui fut lui aussi pris de folie. Les derniers Daïnites se sacrifièrent à cette occasion pour permettre aux autres de fuir. Le combat se poursuivit sur Armuir, au cours duquel les autochtones prônant l'équilibre naturel (la tradition démorthèn/filidh, donc) et les réfugiés (Värer et Ainut, qui sont l'équivalent des tarish) s'allièrent pour repousser et sceller la corruption que vomissait le Tammen Varr.
Bien des siècles plus tard, lorsque la majeure partie de cette histoire fut oubliée et ne subsita que sous forme de légendes, les "magientistes" apparurent (dans Armuir, ils sont beaucoup plus proches d'alchimistes). En fait, il s'agit d'érudits tombés par hasard sur des fragments de connaissance des Heera qui ont été emportés durant l'Exode ("Flux fossile" solidifié, textes...), ou qui ont carrément été "guidés" plus ou moins consciemment par les Heera ayant pu avoir une influence sur Armuir (A la manière de l'entité qui "habite" Ciany Lorn dans le livre 2, ou de celle qui "conseille" Mac Snor dans le monastère de Tuath), les "sceaux" du Tammen Varr s'affaiblissant.
La religion Daïnite renaquit en réaction de la réapparition des théories Heera en Armuir (en gros, une nouvelle "prophétesse" retrouva le credo de base ayant appartenu au précédent prophète, Daïn). C'est une forme de "rééquilibrage naturel".
Comparaison Armuir/Esteren/polynésie
Voilou! Donc, pour faire une comparaison :
- Heera + "âmes corrompues" = entités surnaturelles relevant de l'occultisme en Esteren (comme l'entité de Ciany Lorn, livre 2) = Tupapa'u polynésiens
- Materia = Flux (qui n'est pas équivalent au Rindath) = ?
- Rindath = Rindath = Mana
- Ainut = Tarish = Ariori
- Sidh = "monde spirituel" = Te Po
- Midh = "monde matériel" = Te Ao
- Tammen Varr = ? = "Marae" (plus ou moins)
Différences et difficultés à faire correspondre Armuir et Esteren :
- Le Temple s'affiche clairement comme monothéiste, alors que le culte Daïnite ne l'est pas
- La réligion Daïnite et les alchimistes proviennent d'Armuir même et sont basés sur un passé lointain, alors que dans Esteren ce sont des apports extérieurs venus du Continent qui semblent plus ou moins contemporains
Pfiou, je suis arrivé au bout!